Le Canard enchainé : un centenaire qui se porte bien

Le Canard enchainé va bientôt fêter son centenaire. Cette véritable institution qui paraît tous les mercredi, a bâti son succès et sa réussite à grands coups de révélations qui ont malmené les pouvoirs. Il s’appuie aussi sur un professionnalisme, une qualité d’investigation et un humour rare aujourd’hui.

A l’heure actuelle, il prend à contre-pieds tous les courants. L’hebdomadaire conserve son format « quotidien » (36 cm sur 56), peu commode dans le métro ou le bus, sans publicité, sans application, ni compte Facebook, et avec un compte Twitter au contenu limité. Sur son site internet,  seules les unes sont publiées.

« Notre formule, ça fait vintage et un peu ringard, mais en même temps, ça marche« , répond Louis-Marie Horeau, rédacteur en chef du « Palmipède ». « On ne dit pas qu’on n’évoluera jamais, mais on le fait avec prudence« . Apparemment les résultats lui donnent raison, en 2014, le journal a un peu mieux résisté que le reste de la presse, avec une baisse de ses ventes de 2,5%, mais un résultat financier positif. Il sait que son lectorat  est « vieillissant, en recul et provincial ». Il est aussi menacé par des titres comme Médiapart pour l’investigation ou le Gorafi pour la dérision.

En attendant, pour rien faire comme tout le monde, il va fêter son anniversaire deux fois. L’ histoire veut que  le 10 septembre 1915 soit paru une première version qui n’a connu que cinq numéros avant d’être « sabordée » par son fondateur Maurice Maréchal. Le titre, qui parle dans son dernier éditorial de « faux-départ » en 1915, fêtera donc officiellement ses 100 ans le 5 juillet 2016 date à laquelle est sortie la seconde version.

Crédit photo : Pascal POGGI