Umberto « l’écho » de l’érudition

Beaucoup d’Italiens sont venus rendre hommage, et ont assisté à la cérémonie d’adieux d’Umberto Eco à Milan. Cela témoigne de la grande, et réelle popularité de ce véritable intellectuel, qui s’est éteint à l’âge de 84 ans. Digne représentant de ce que l’on appelle un érudit.

Avec Umberto Eco, on était loin en effet de l’intellectuel pompeux, pénible, s’agitant sur des plateaux de télévision, mais bien avec un être savant, drôle, un personnage rare, et profond. On peut d’abord être surpris par son éclectisme dans un monde où la spécialisation est reine. Il était, tout à la fois, médiéviste, philosophe, sémiologue, linguiste, critique littéraire, et romancier.

Ce diplômé en philosophie en à l’université de Turin, avec une thèse sur Thomas d’Aquin, s’intéresse dans un premier temps à la scolastique médiévale. Période complexe, bouillonnante, sombre et lumineuse, à la fois loin de l’image propre, et classique de la, si mal nommée Renaissance. Du Moyen-Age, cet intellectuel en a gardé le goût pour la complexité, la vision confuse parfois, et la manière d’être humble face aux savoirs et à la connaissance. Il se tournera par la suite vers la communication de masse, la linguistique et la philosophie. Il se fera connaître du grand public par ses romans dont le célèbre « Le nom de la Rose » porté au cinéma par Jean-Jacques Annaud.

Dernièrement, sa vision très critique d’internet, lui avait fait remarquer que les réseaux sociaux donnent trop de pouvoir aux imbéciles, et la diffusion de ce qui devrait rester des discussions de comptoir. « Alors que sur le réseau, soit on communique ses propres folies, soit on s’agresse, mais on n’accepte pas la critique. Alors que l’essence de la culture, c’est le vrai débat » précise-t-il.

Une maxime du Moyen Age nous revient à la mémoire, « nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux ».

Umberto Eco faisait peut-être partie des géants de cette maxime.

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