Scandale du « Panama Papers » : chapeau au « ICIJ »

Le scandale « Panama Papers » a mis sous le feu des projecteurs le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) ), c’est son action et son travail qui ont permis l’ensemble de ces révélations. Mais le ICIJ, c’est quoi au juste ?

Fondé en 1997 et basé à Washington, l’ICIJ est un organisme à but non-lucratif, extension internationale de l’américain Center for Public Integrity. Il coordonne le travail de 370 journalistes de 107 médias dans 70 pays. Il favorise l’investigation, une forme de journalisme qui demande du temps et de l’argent, et qui tend à disparaître en ces temps de crise de la presse. Comme le dit le vieil adage, « à plusieurs, on est plus fort ». Les enquêtes comme celle de « Panama Papers » vont immanquablement se heurter à des freins, des embûches, voir des intimidations. Le travail prend une ampleur énorme, et c’est trop pour une seule rédaction. Son objectif est alors de faire collaborer des journalistes du monde entier pour mettre à jour la corruption, les abus de pouvoir ou les manquements d’institutions publiques ou privées, et faire prévaloir l’intérêt public et la recherche de la vérité.

La structure ne se limite pas à fournir les millions de documents, elle peut mettre à disposition des outils comme un moteur de recherche, qui permet de naviguer par mots-clés dans les documents. Son adresse est intraçable, composée de chiffres et de lettres, et chaque mot de passe pour y accéder est individuel, avec l’impossibilité de l’enregistrer dans son navigateur (vive le papier et le crayon).

Le consortium met à disposition un forum pour pouvoir partager des informations. Une « méta-rédaction« , commente le journaliste au Monde Simon Piel, qui s’est réuni une seule fois en vrai, fin 2015 à Munich, pour s’accorder sur le calendrier des embargos et des publications. L’ICIJ possède aussi un outil de visualisation, qui pour chaque nom de société ou de bénéficiaire montre les liens, et les connexions.

Pour s’attaquer à des consortiums d’intérêt financier, il faut un consortium d’intérêt journalistique.

Crédit photo : Pete Rock