Fin d’une époque en Autriche avec la démission du chancelier Werner Faymann

C’est un petit séisme qui est en train de secouer la vie politique autrichienne. Pour la première fois depuis 2008, les partis social-démocrate (SPÖ) et conservateur (ÖVP) qui forment la coalition au pouvoir ont été éliminés du second tour. De ce fait, Werner Faymann, le chancelier autrichien Werner Faymann a démissionné de toutes ses fonctions. Il quitte donc le gouvernement et la tête du Parti social-démocrate.

C’est un petit évènement, et une page qui se tourne, car le chancelier autrichien démissionnaire détenait, après Angela Merkel, le record de longévité parmi les dirigeants en Europe. C’est donc Reinhold Mitterlehner, membre du Parti conservateur, jusque-là vice-chancelier, qui est devenu, le même jour, chancelier intérimaire.

Les deux partis traditionnellement au pouvoir payent la détérioration de la situation économique marquée par la baisse des salaires réels, et la hausse du chômage (10,9 % en février), ainsi que la crise des réfugiés. Ils font place à une extrême droite qui a mené l’essentiel de sa campagne en prônant une politique d’accueil des migrants plus restrictive. Elle est arrivée largement en tête le 24 avril, avec 36,4 % des voix, devant le candidat écologiste (20,4 %), chacun des deux partis de la coalition au pouvoir devant se partager 11,2 % des suffrages.

Avec le départ de Werner Faymann du parti social-démocrate, celui-ci espère repartir de l’avant avec un nouveau chef. Divers noms circulent, dont celui de Gerhard Zeiler, un responsable de Time Warner, ou encore Christian Kern, le patron des chemins de fer autrichiens.

Crédit photo :  Frantz Johann Morgenbesser