La justice polonaise ne lâche pas Polanski

Voici le retour d’une vieille et bien sordide affaire. Zbigniew Ziobro, le ministre de la Justice polonais, a annoncé son intention de rouvrir la procédure d’extradition vers les Etats-Unis du cinéaste franco-polonais Roman Polanski, où il est poursuivi pour le viol d’une mineure en 1977.

 Petit retour en arrière, en 1977, Roman Polanski, à l’époque âgé de 43 ans, est accusé du viol de Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans. Il fait 42 jours de prison, avant d’être libéré sous caution. Il s’est alors enfui des États-Unis avant l’annonce du verdict. Depuis, c’est une série de rebondissements comprenant un accord avec la famille qui veut éviter un procès, puis en 1988 le versement à Samantha Geimer de 225 000 dollars, le procès est annulé.

En septembre 2009, Roman Polanski se rend à un festival en Suisse, pour une rétrospective en son honneur. Il est arrêté, puis libéré sous caution pour 4,5 millions de Francs suisses soit trois millions d’euros, il est assigné à résidence dans son chalet de Gstaad. En octobre, il se rend en Pologne pour assister à l’inauguration du Musée d’Histoire des Juifs de Pologne. Les états Unis demandent à la Pologne d’arrêter le réalisateur, mais la justice polonaise considère que les faits reprochés à Roman Polanski sont prescrits.

C’est cette décision que le gouvernement populiste, et très conservateur « Droit et Justice », remet en question par l’intermédiaire du ministre de la Justice polonais qui cumule maintenant les fonctions de ministre et procureur général. Le conservateur Zbigniew Ziobro va contester cette décision devant la Cour suprême du pays pour engager la procédure d’extradition du cinéaste franco-polonais.

Le nouvel épisode de cette sordide affaire se teinte d’une couleur politique, liée au conservatisme du gouvernement polonais. Roman Polanski est aux yeux des conservateurs au pouvoir en Pologne, l’exemple type de la décadence des élites libérales pro-européennes.

Crédit photo : canburak