Chômeurs ne veut pas dire forcement indemnisés

Quand on parle du chômage et des chômeurs, on globalise souvent, alors que derrière cette appellation générique, se cachent des situations bien diverses suivant les cas et les personnes. Ainsi, en fin 2015, la moitié des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi ne percevaient pas d’allocation chômage.

28 % seulement deviennent chômeurs en raison d’un licenciement. Les chômeurs, le sont, pour la moitié tout simplement à la suite de la perte d’un CDD ou d’une mission d’intérim. Il faut rajouter maintenant les ruptures conventionnelles, qui représentent 15 % des entrées au chômage. 57 % des allocataires de Pôle emploi n’ont essentiellement connu, que des contrats de dix mois maximum entre 2005 et 2014. Concernant, l’âge et le sexe, on retrouve les caractéristiques globales de la population active.

Il faut signaler, que loin du cliché qui veut que le chômeur ne fasse rien, y compris pour retrouver du travail, 1,4 million d’allocataires travaillent chaque mois pour des emplois de courte durée et 750 000 cumulent indemnité-chômage et salaires. Si le nombre d’heures est trop important pour cumuler, l’indemnisation s’arrête et les droits à l’allocation sont alors décalés. Nous sommes en pleine gestion des conséquences de ce que l’on appelle la « flexibilité ».

Sur 5,5 millions de personnes qui pointaient à Pôle emploi, toutes sont donc dans des situations bien différentes. Certaines ne perçoivent pas l’assurance-chômage, car elles ne remplissent pas les conditions d’affiliation (avoir travaillé au moins 4 mois lors des 28 derniers mois, 36 derniers mois pour les seniors). D’autres sont tout simplement à la fin de leurs droits, l’indemnisation durant au maximum deux ans, et trois ans pour les plus de 50 ans. Il reste 3,4 millions de personnes indemnisables par l’Unedic. On peut aussi enlever, ceux qui sont en congés maladie ou maternité, et qui relèvent de la sécurité sociale, et pour finir, ceux qui attendent une indemnisation différée pour cause de délai de carence.

Au final, Pôle emploi indemnise « seulement » 2,8 millions de personnes avec une allocation chômage moyenne, qui s’élève à 1058 euros net par mois. L’Unedic distribue au total 35,1 milliards d’euros d’allocations pour 34,1 milliards de contributions récoltées.

 Crédit photo : ville de Miramas