Le retour de la carte d’identité obligatoire sur Facebook

Il y a comme cela des « idées » qui reviennent régulièrement, car elles sont récupérées et remises en avant après des évènements. C’est le cas de celles qui consiste à réclamer la carte d’identité aux utilisateurs des réseaux sociaux. Cette fois, c’est le monsieur Sécurité de Nicolas Sarkozy, Eric Ciotti qui s’y colle et qui affirme « internet ne peut pas être un espace sans contrôle« .

Concrètement, il s’agirait pour quelqu’un qui veut ouvrir un compte Twitter, Facebook ou encore Snapchat, de fournir une pièce d’identité au site. La cible, c’est l’anonymat qui permet de diffuser tous les contenus possibles. Que ce soit la diffusion de recherche à caractère pédophile ou comme, actualité oblige, la diffusion de la propagande djihadiste.  Ainsi, François Hollande a déclaré pour ses vœux de 2014 que « sur internet, l’anonymat ne doit pas être une protection et la liberté d’expression, un alibi ».

Cependant, bien que séduisante, cette résolution n’est pas aussi merveilleuse qu’il n’y paraît. Le réseau IRC EpikNet en avait d’ailleurs fait un poisson d’avril pour ses abonnés. Tout d’abord, son efficacité n’est pas prouvée, et l’association, La Quadrature du Net, assure même qu’elle est « complètement idiote, infaisable, et n’a pas d’intérêt particulier« . L’impact sur la lutte antiterroriste d’une telle mesure reste à prouver.

A ce propos, on peut noter qu’il existe déjà plein de procédures judiciaires pour identifier des personnes et des contenus illicites. N’oublions pas, qu’un compte même ouvert sous un faux nom, comporte de nombreuses informations permettant d’identifier son auteur,  l’adresse IP , sa géolocalisation, voire son numéro de téléphone, et de nombreuses autres données. Des informations communiquées, qui peuvent largement permettre d’identifier une personne publiant des messages sous pseudonyme sur les réseaux sociaux. L’efficacité ultime réside surtout dans la possibilité d’arrêter l’émission, et la conception de la propagande, qui n’est paradoxalement pas gênée.

D’un autre côté, l’idée pourrait être dangereuse pour des personnes qui ont besoin de l’anonymat pour défendre de nobles causes, et qui peuvent être en lutte contre des régimes et des États terroristes.

De toute façon, il faut aussi pour mettre en place cette mesure, l’imposer aux géants du Net, qui jusqu’ici n’ont pas l’habitude de négocier avec les États sur ces sujets.

Voilà pourquoi cette mesure, bien que souvent reprise, n’a jamais percé. Cependant, l’avantage, en énonçant une idée que l’on n’arrivera jamais à mettre en place, c’est que vous donnez l’impression de faire quelque chose sans prendre de risque sur le résultat.

Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas de rester béat sans réaction, mais pire que rien faire, c’est faire passer de l’agitation stérile pour de l’action efficace.

Crédit photo :  UMP