Comment s’en sortent les jeunes placés par l’aide sociale à l’enfance ?

Une étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined) revient sur les cas de 138 000 enfants ou adolescents placés dans des établissements ou des familles par la protection de l’enfance. Il apparaît que ces adolescents placés sont confrontés plus rapidement que les autres à des problèmes d’adultes.

L’Ined a donc rendu public les premiers résultats qui concernent plus précisément  la situation des jeunes de 17 ans, juste avant leur bascule dans l’âge adulte pour faire apparaître plusieurs choses.

Pour 61 %, ils n’ont plus aucun contact avec l’un ou l’autre de leurs parents. Certains, ont été victimes de violences ou de mauvais traitements, d’autres ont connu un conflit familial ou sont sujets à des troubles du comportement. Cependant, ils se considèrent à 85 % satisfaits de leurs conditions d’accueil.

Cette satisfaction ne les empêche pas de voir arriver l’âge de la majorité de manière plus immédiate et concrète. Les jeunes filles connaissent davantage de grossesses précoces, à 17 ans, 9 % d’entre elles ont déjà un enfant. Les jeunes placés sont aussi très majoritairement orientés vers des études courtes. 13 % des jeunes de 17 ans placés préparent un bac général, contre 51 % chez les autres jeunes du même âge, et a contrario, 40 % sont en CAP, contre 11 % dans la population générale.

Les raisons de l’orientation de ces études, vers un cursus court sont diverses. D’une part, elles sont personnelles, on retrouve les difficultés, les manques et les troubles accumulés au cours d’une enfance et d’une adolescence perturbées. D’autre part, elles sont aussi structurelles, car à 18 ans, le placement obligatoire prend fin, et il apparaît à leurs yeux, et à ceux des éducateurs, qu’il est important pour le jeune de pouvoir subvenir a ses besoins.

On doit aussi  prendre en compte une réduction pour raisons budgétaires, des contrats jeunes majeurs, qui permettent aux jeunes de poursuivre jusqu’à 21 ans des études plus longues. Aujourd’hui, ils concernent 18 000 personnes, contre 21 300 en 2010.

L’étude semble indiquer, que ces enfants n’apparaissent pas fondamentalement malheureux, mais ils « vieillissent » plus vite.

Crédit photo : Fabrice