« Rue des Allocs » sur M6 : un docu-réalité classique, racoleur et polémique

La première partie du docu-réalité « Rue des Allocs » diffusée ce mercredi soir à 21 h, sur M6 n’a pas raté un de ses objectifs, susciter la polémique avant et après la diffusion. Les réactions ne se sont pas fait attendre, et sont loin de faire l’unanimité.

On découvre donc Gitan, Mari Jo, Franck ou encore Philippe, ils vivent dans le quartier Saint-Leu à Amiens dans la Somme et survivent grâce aux minimas sociaux, et à quelques combines.

Bien sûr, en premier lieu, le maire centriste de la ville d’Amiens Brigitte Fourrée, explique que « c’est irrespectueux des personnes filmées, c’était inutile d’étaler leur vie privée et leurs difficultés au grand jour« . Le président du théâtre d’animation, déclare pour sa part que « la réalité ne représente pas 80 %, la vie à Saint-Leu dépasse ça. Avec ce qu’on voit, on a plus envie d’y aller, et ça me rend triste ». Pour un des participants comme Franck, le plus dérangeant, c’est l’alcool filmé en gros plan, et les adresses dévoilées sur un plan en 3D, « certaines personnes sont mises en valeur et pas d’autres« .

Une chose gêne beaucoup certains habitants, qui ont accepté d’être filmés, ainsi que les participants qui ont signé un document avec la production, il était précisé que le titre de l’émission était « Quartier Prioritaire » et non pas « Rue des Allocs » rapidement détourné « rue des cas-soc » dans le secteur.

La polémique avait « comme de bien entendu » commencé avant, afin d’assurer une bonne audience. La Fnars (Fédération Nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale) s’est battue pour d’obtenir la suspension d’un programme, qu’elle juge dans un communiqué, « stigmatisant et honteux face à la détresse sociale que vivent près de 8 millions de Français. » Philippe Theveniaud, président de la CAF de la Somme, estime auprès d’Europe 1 « qu’il faut arrêter de stigmatiser ces familles pauvres, défavorisées et fragiles« . « Certains abusent du système, mais c’est une minorité« , il regrette que le programme ne pose pas la problématique de fond, à savoir « comment on en est arrivé là. »

Pour le réalisateur, et la production de M6, il s’agit surtout de coller au concept d’une émission britannique, qui a fait elle aussi polémique, et de l’audience, « Benefits Street ». Le co-réalisateur Stéphane Munka, se défend contre des critiques jugées « effarantes » « On a qu’une scène de fraude aux allocations, qui porte sur 50 euros. C’est minuscule« . Il conclut que de toute façon, « on n’est pas dans un cinéma « Art et Essai » quand on fait une émission sur M6« .

La suite est dans les tiroirs, la chaîne va analyser l’audience de l’émission, l’ampleur de l’éventuelle polémique, et du battage médiatique qu’elle déclenchera, pour programmer la suite au bon moment.

Bref, rien de neuf dans le marécage de la télé-réalité.

Crédit photo :  Leon Jobculture