SEB remet au goût du jour le produit « réparable »

Va-t-on assister à un changement de cap, du côté de la consommation. Il apparaît, que l’obsolescence programmée clairement établie, et révélée devient un frein en matière d’image, et donc à la vente des produits. L’écoconception, et le long terme reviennent à la mode. C’est pour cela, que dorénavant SEB assure que la plupart de ses appareils sont désormais réparables pendant dix ans.

Cette décision n’est pas le fruit du hasard, ni même un simple fait d’annonce. Elle fait suite à de nombreuses études, qui démontrent que de plus en plus, les consommateurs sont sensibles à la durée de vie des produits. La progression des ventes de produits labellisés durables est spectaculaire. En luttant contre le gaspillage, SEB joue sur deux tableaux, il pense donc à l’environnement, mais également à ses ventes.

Dans les faits, on remet donc au goût du jour la « réparabilité », dans un secteur comme le petit électro-ménager où la « réparabilité » d’un appareil est devenue l’exception. Soit parce que l’appareil en question n’a pas été conçu pour être démontable ou réparable, soit parce qu’une telle opération coûte plus cher que l’achat d’un nouvel appareil.

A plus long terme, c’est tout le groupe SEB (SEB, Rowenta, Moulinex, Calor, Krups ou encore Tefal (pour l’électroménager et les autocuiseurs) qui sont censés s’engager dans cette voie. Cela sous-entend un vrai virage industriel, et pas seulement marketing. Plus question de simple greenwashing, qui consiste à mettre en avant un engagement écologique qui n’est que de façade.

C’est une nouvelle vision des choses qui se met en place, avec pour conséquence véritable stratégie industrielle. Il ne faut pas s’y tromper, ce n’est pas simplement pour sauver la planète et faire plaisir aux écolos, « ce n’est pas une démarche purement commerciale, SEB le fait, car c’est plus rentable », assure Erwann Fangeat, ingénieur à l’Agence de l’environnement, et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

D’ailleurs, en bon gestionnaire, SEB voit plus loin. L’entreprise veut mettre à profit les avantages du travail avec les imprimantes 3D, pour reproduire des pièces industrielles en petites quantités à un coût raisonnable. « L’objectif est de pouvoir les créer directement chez le réparateur, à partir de cette nouvelle technologie », assure l’entreprise. SEB a aussi imaginé un système où les consommateurs, assistés par des tutoriels en ligne du fabricant, pourraient procéder eux-mêmes à des réparations basiques.

Crédit photo : FALTAZI STUDIO