La politique d’éducation prioritaire sur la sellette

Si l’on veut rester très scolaire, les enseignants pourraient dire qu’ils n’obtiennent pas la moyenne avec un commentaire du type « passable ». Dans le dernier rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco), les résultats des « Réseaux d’éducations prioritaires » (REP et REP +), qui ont succédé aux « Zones d’éducation prioritaire » (ZEP) créées en 1981, sont particulièrement critiqués et leurs actions apparaissent bien en dessous des effets escomptés.

Le constat est simple, les élèves qui y sont scolarisés sont davantage en difficulté que les autres. Pour l’apprentissage des langues, par exemple, 27,4 % des élèves de ces « zones » sont « en grande difficulté », contre 14,9 % hors de l’éducation prioritaire. Quant aux mathématiques, les inégalités entre les élèves des meilleurs établissements, et ceux des établissements les plus en difficulté, sont les plus élevés de tous les pays de l’OCDE.

Les raisons de cet échec sont multiples, on peut évoquer que les établissements devraient avoir des effectifs réduits, mais la baisse réelle est trop faible pour avoir un impact pédagogique positif véritable.

Il faut aussi parler du temps de cours, qui est moins élevé dans les établissements « prioritaires » que dans les autres. Les professeurs emploient davantage de temps à essayer de faire régner la discipline dans les classes.

Il ne faut pas non plus manquer, d’évoquer le fait que les classes « éducation prioritaire » n’attirent que des jeunes enseignants, qui font leurs premiers pas dans des conditions difficiles. Les enseignants plus expérimentés évitant le plus souvent ces « réseaux ».

En résumé, moins de professeurs expérimentés, moins de temps de cours, trop d’élèves dans la classe. Le résultat ne pouvait pas être différent.

Le rapport propose des solutions pour améliorer la situation sur du court terme, mais selon le Cnesco, l’éducation prioritaire contribue au contraire au développement d’une « discrimination négative« . Il va falloir voir les choses en face. Selon les auteurs du rapport, ces « zones », du fait de leurs échecs, sont devenues des « labels » qui font « fuir les familles les plus défavorisées » et accroissent la « ségrégation sociale« .

« Soit on fait les choses comme il faut, soit on les fait pas ».

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