Attention, aux noms de médicaments parfois trompeurs

Les produits pharmaceutiques, devenant de plus en plus un produit comme un autre, surtout pour les industriels, de nombreuses dérives sont à surveiller. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) veut alerter les consommateurs sur des appellations parfois trompeuses.
Il s’agit d’éviter les confusions entre les médicaments, encore trop nombreuses. On peut prendre par exemple le cas de médicaments dont les noms sont trop similaires, et qui n’ont pourtant rien à voir dans les pathologies à soigner. C’est le cas du Lamictal contre les crises d’épilepsie, et le Lamisil contre les mycoses.
Cependant, il n’y a pas que le nom qui est mis en cause, le marketing, et les pratiques commerciales des marques, amènent l’agence à accuser les laboratoires de mettre des éléments « fantaisistes » trop en avant (l’arôme par exemple), ou le fait de donner un même nom à un médicament, et à un complément alimentaire, produit par le même laboratoire.
La question est de savoir jusqu’où traite-t-on un médicament comme un produit ordinaire. Il est évident, que les conséquences ne sont pas les mêmes que pour un produit de vaisselle. Le choix du nom peut entrainer une utilisation inappropriée dangereuse, y compris pour les médicaments non soumis à prescription médicale.
L’ANSM, demande aussi que « les industriels cessent d’accoler les mots tels que fort, faible, plus, ultra, hyper, stop ou encore contrôle au nom des produits commercialisés ». En effet, ces superlatifs inciteraient certains consommateurs à acheter des médicaments dont ils n’ont pas vraiment besoin.
Ce rapport est pour le moment dans une phase de consultation publique jusqu’au 30 novembre, et pourrait donner lieu à des mesures contraignantes. Les laboratoires avertissent déjà, que de leur côté, ils doivent prendre en compte, que « les noms sont désormais créés pour être internationaux, et nous devons gérer différentes contraintes, ils doivent être évocateurs et prononçables dans plusieurs langues, sans être ni promotionnels, ni ridicules ou péjoratifs dans un pays », explique Julie Chwarzcianek, directrice de By Agency, The Name Story. Elle poursuit, « ensuite, nous devons répondre aux contraintes juridiques des marques puis aux contraintes réglementaires des pays ».
On l’aura bien compris, il y a des enjeux financiers importants, et le lobbying des laboratoires pharmaceutiques va faire feu de tout bois, pour éviter trop de contraintes qui gêneraient les ventes.
Tant pis, si en 2015, l’agence a recensé pas moins de 82 « méprises » à cause de médicaments dont les noms étaient trop proches, et si dans sept cas sur dix, ces méprises ont provoqué des effets indésirables « graves ».

Crédit photo : Fausto Barros