Le « SIEL » s’assombrit, voit rouge, et quitte le Rassemblement Bleu Marine

S’opposer, contester, c’est une chose, rassembler, fédérer pour prendre le pouvoir s’en est une autre. Le Front national de Marine Le Pen vient de voir le Parti Souveraineté, indépendance, et liberté (SIEL) mettre un terme à son alliance avec lui. Ce groupuscule radical ne se reconnaît plus dans le Rassemblement bleu Marine (RBM).

Soyons clair, le SIEL ne représente que 2 000 adhérents revendiqués, cependant, c’était le seul parti clairement identifié, allié au Front national, justifiant ainsi le terme de Rassemblement Bleu Marine. Ce petit parti a été créé fin 2011 par Paul-Marie Coûteau. En 2014, déjà des désaccords avec Marine Le Pen, provoquent le départ de Paul-Marie Coûteaux, qui est remplacé par Karim Ouchikh à la présidence. A la base ce Parti était de tendance souverainiste, il a rejoint une vision plus identitaire.

Karim Ouchikh évoque pour justifier la fin de cette alliance, « ma capacité à avaler des couleuvres a atteint sa limite« . Les désaccords s’avèrent trop importants, ils se situent sur trois niveaux, « idéologiques », « électoraux » et « politiques ».

Alors que le FN tente de se recentrer sous la houlette notamment, de Florian Philippot afin de séduire un électorat plus large, le SIEL dénonce un projet politique « aseptisé » et se tourne de son côté, vers une droite plus extrême. Le SIEL a adopté la « remigration » des immigrés vers l’étranger et validé la théorie radicale du « Grand remplacement » cher à Renaud Camus. Cette théorie, imagine que l’immigration afro-maghrébine de religion musulmane « remplacerait » en France, la population blanche et chrétienne. Ce processus serait plus ou moins orchestré par une majorité des élites politiques, intellectuelles et médiatiques, soit par idéologie, soit par intérêt. Cette théorie, du type conspirationniste, est contestée par de nombreux spécialistes.

Tactiquement, M. Ouchikh estime aussi que le FN devrait accorder plus de place à ses troupes aux législatives. Apparemment, l’idée maintenant serait d’arriver à constituer une force politique avec une nébuleuse de tendance qui se retrouve hors FN. Elle comprendrait par exemple, le maire de Béziers, Robert Ménard, l’ancien candidat à la présidentielle Philippe de Villiers, voire le candidat à la primaire de la droite Jean-Frédéric Poisson, patron du Parti chrétien-démocrate.

Du côté du FN, bien sûr, on minimise la portée de ce départ en indiquant même avec un certain mépris que « le Siel était devenu un groupuscule concentrant tous les profils d’extrême droite dont on ne voulait plus. Les virés, les tarés, les racialistes, Civitas et autres dingues. Son départ est une bonne nouvelle« .

Depuis quelque temps, le FN veut devenir un parti de pouvoir, il rentre dans le jeu. Ses pratiques plus ou moins claires, son fonctionnement parfois chaotique et chargé de contradictions, ses alliances et ses trahisons, ses luttes internes en font un parti au fonctionnement comme les autres. Il n’est peut-être pas pire, mais certainement pas meilleur et ses électeurs ne peuvent plus « se voiler la face ». On ne vote pas FN pour des pratiques politiques différentes ou pour « changer un peu », mais pour une vision de la société, de la relation avec les autres et une image de la République différente qu’il faudra assumer en cas de victoire.

Crédit photo : blocidentitaire