Footballeurs pros, une enquête révèle une vie pas forcement dorée

Le monde du football apparaît, comme le monde de l’argent, on ne peut pas passer à côté de ses joueurs au volant de superbes voitures ou dans la piscine de leurs magnifiques villas. Les chiffres évoqués pour les transferts, et les salaires donnent souvent le tournis. Fifpro, le syndicat mondial des footballeurs a voulu casser le mythe à travers une grande enquête, qui décrit l’envers du décor sur la base de statistiques concrètes. La réalité pour beaucoup est bien moins rose.

L’enquête co-réalisée par l’Université de Manchester, recense le témoignage de 14 000 joueurs issus de 54 pays et 87 championnats différents des continents européen, américain et africain. Le constat est sans appel, comme dans la société classique, il y a des catégories et des « classes » bien différentes.

Trois catégories se distinguent avec l’Europe des cinq grands championnats (Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne, France) où il fait bon vivre pour un footballeur pro. Puis, les championnats un peu moins cotés, tels que la MLS américaine ou les ligues scandinaves, et une troisième et dernière classe qui regroupe la grande majorité des professionnels, qu’ils évoluent en Europe de l’Est, en Amérique latine ou en Afrique.

Si l’on prend les salaires, c’est édifiant, car 45 % des footballeurs professionnels interrogés durant l’enquête, gagnent ainsi moins de 1 000 dollars par mois (soit 950 euros environ). Le salaire moyen, étant compris entre 1 000 et 2 000 dollars (950 et 1 900 euros). Ce ne sont que 2 % seulement de privilégiés, qui perçoivent au moins 720 000 dollars d’émoluments annuels (680 000 euros).

L’enquête insiste aussi sur les conditions de travail. La réelle précarité est l’insécurité dans laquelle de nombreux jeunes vivent. Certaines pratiques demeurent fréquentes comme le retard dans le versement de leur salaire. A ce titre la Fifpro s’indigne, « c‘est un droit fondamental pour tout employé que d’être payé en totalité et à temps, que ce plus élémentaire des droits ne soit pas respecté dans le football mondial est inacceptable !« .

Le monde du football est une machine à rêve, qui peut virer au cauchemar et d’autres chiffres donnent à réfléchir. 29 % des footballeurs sondés assurent avoir déjà subi des pressions pour accepter un transfert ou prolonger un contrat contre leur gré. 7 % avouent du reste avoir été approchés ou menacés dans le but de truquer un match, ce pourcentage monte à 11%, parmi les joueurs de plus de 30 ans. 9 % des footballeurs professionnels déclarent par ailleurs avoir été victimes de violences ou de discriminations. 16 % ont fait l’objet de harcèlement.

Le football apparaît encore une fois comme la vitrine parfaite des tares de notre capitalisme mondial triomphant. Une caste de très riche, (de plus en plus riche), faisant la une des médias mondiaux, et étalant sa richesse profite d’une dérégulation, qui accentue le contraste avec les difficultés grandissantes de la grande majorité.

Le secrétaire général de la Fifpro Theo Van Seggelen conclue, « salaires en retard, transferts forcés, mise à l’écart, tout cela doit appartenir au passé. Nous avons désormais tous les indicateurs pour entreprendre les réformes nécessaires à l’industrie du football« .

Crédit photo : Citizen59