Champagnes : les aléas des ventes entre « Brexit et nouveaux marchés »

Les temps sont durs, et même le Champagne a vécu une année 2016 difficile. Les spécialistes y voient une conséquence directe du Brexit, qui plombe une importante et historique destination du champagne, à savoir les Royaume-Uni. Cependant, toutes destinations confondues, 2016 représente une année faible au niveau de nombres de bouteilles vendues, mais l’année 2016 reste avec 4,71 milliards d’euros, la deuxième année record en valeur des ventes après 2015.
C’est une conséquence directe de la dévaluation de la livre sterling, qui est responsable du déficit enregistré. Cependant, il ne faut pas oublier non plus la concurrence du prosecco italien qui a dépassé les ventes en valeur de champagne depuis l’été 2015.
Les Anglais, ne sont pas les seuls à moins boire de champagne. Parmi les destinations en recul, on retrouve le Japon, qui reste tout de même une belle destination avec des livraisons en 2016 qui ont baissé, mais pour un chiffre d’affaires en progression (+3 %). Les expéditions sont aussi en baisse au Brésil avec une chute de 21,9 % en un an. Recul aussi au Portugal (-16,5 %), l’Australie, cinquième meilleur client, quant à lui affiche une baisse, autant en valeur qu’en volume (-9 %). Même chose pour la Belgique qui a freiné ses importations de près de 10 % en valeur comme en volume.
Attention l’avenir n’est pas si sombre pour le champagne, car en Chine, les ventes sont stables en quantité, mais négatives en valeur (-3,5 %), et certains pays continuent à découvrir et apprécier le monde du vin à bulles.
Les États-Unis font figure d’eldorado. Deuxième plus gros importateur, le marché américain a encore augmenté de 6,3 % en volume et 4,9 % en valeur l’an dernier. « Un succès en partie dû au rosé », estime l’interprofession. Les États-Unis apparaissent comme les plus gros amateurs de champagne rosé. La Scandinavie et l’Europe du Sud, progressent tranquillement. La Russie a très fortement accru ses achats (+25 %), mais elle n’est que le 19e client.
Et les Français me direz-vous ? Ils restent les premiers consommateurs avec plus de la moitié des volumes. Les ventes sont en recul de 2,4 %, moins toutefois qu’en Europe (-3,5 %). La concurrence, est de plus en plus rude avec d’autres vins effervescents sur les champagnes d’entrée de gamme. En fait, depuis trois ans, les Français s’offrent moins de petits champagnes et s’orientent vers le haut de gamme, quitte à acheter moins souvent.
Vous reprendrez bien une petite « coupette », c’est pour le bien du commerce français.

Crédit photo : Freddy Olsson