Contre le mal de poésie, consultez les cabinets de poésie générale

Et si nous retrouvions un peu de poésie dans ce monde de vacarmes et de bruits. C’est à cela, que le poète nivernais Jean Bojko, s’attèle en créant, les « cabinets de poésie générale ». Il s’agit, comme il le dit lui-même de remédier à une situation, « à une époque où l’on pointe du doigt les déserts médicaux, apparaissent aussi des déserts poétiques ».
Par l’intermédiaire de sa compagnie théâtrale « TéATr’éPROUVèTe » qui s’est produit en Australie, en Suisse, en Belgique, en Irlande et en Allemagne, il a déjà ouvert 55 cabinets poétiques en deux ans pour soigner « un monde quelque peu malade ». Il a trouvé refuge dans des mairies, des commerces ou des établissements scolaires, qui se sont prêtés au jeu, dans la Nièvre et la Côte-d’Or voisine, mais aussi dans le Rhône ou en Bretagne.
Au cours de ses séances, et de ses consultations poétiques, il utilise un « carnet d’ordonnances poétiques à prescrire au quotidien », dont les pages détachables ressemblent à s’y méprendre aux ordonnances d’un médecin. Il s’agit de soigner un manque poétique avec par exemple, « l’amour vous va comme un gant, pourvu qu’il fasse froid longtemps ». Attention, à dire d’un coup, tous les matins en se chaussant, et pendant huit jours.
On peut être aussi mis en relation avec un numéro de téléphone. C’est le « standard poétique », il s’agit d’un répondeur téléphonique « non surtaxé, même si vous êtes riche », où toute personne en manque de poésie, peut écouter de petits poèmes ou proposer d’en lire.
Jean Bojko, à l’origine de tout cela, est un artiste, metteur en scène et poète né à Meaux le 25 mai 1949 de parents réfugiés ukrainiens. Il choisit la nationalité française en 1968. Il exerce la fonction très particulière de poète au cabinet du président du Conseil général de la Nièvre.
Il a eu l’idée de ces cabinets poétiques durant un séjour à l’hôpital. Il s’était alors amusé à détourner ce qu’il voyait, des panneaux indicateurs de l’établissement aux boîtes de médicaments, pour en faire de la poésie.
Toujours en action, après la création de « TéATr’éPROUVèTe » au milieu des années 1980, à Corbigny dans la Nièvre, le poète s’est mis à sillonner la campagne dans un camion jaune « d’Alimentation générale culturelle » ou créant un service d’artistes à domicile pour personnes âgées.
Vous l’avez compris, il s’agit de rendre accessible, la poésie et la culture tout simplement en la diffusant, et en la replaçant au milieu de notre vie quotidienne. Une sorte de « poésie de proximité » si l’on peut dire.
A 67 ans, Jean Bojko, continue inlassablement, car comme il dit, « la connaissance, c’est un peu, comme retourner une terre, il faut labourer de temps en temps ».

Crédit photo : Pix and love Web design