La pauvreté ne cesse d’augmenter en Russie

La Russie est de plus en plus présente sur le front international, et apparaît comme un pays dont la force et le rayonnement se renforcent après un passage à vide consécutif à la fin du régime soviétique. Cependant, la réalité intérieure du pays en 2016, semble particulièrement difficile pour 20 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, selon les derniers chiffres officiels publiés.
Les chiffres sont particulièrement cruels, car les revenus sont en baisse de 10 % par rapport à 2013, soit 12 000 SDF rien qu’à Moscou. La pauvreté, menace 1 Russe sur 3, et s’invite partout, et touche de plus en plus de milieux. Les retraités, la classe moyenne, les fonctionnaires d’État, les familles monoparentales, et même les chefs d’entreprise, ont noté une dégradation de leur niveau de vie. Résultat, les Russes économisent plus, sur de plus en plus de choses, et quand on en arrive à réduire sur les produits de première nécessité, on passe alors sous le seuil de pauvreté.
C’est encore pire, si on habite dans certaines régions, car l’Etat a transféré la charge de l’aide sociale vers les régions qui n’ont toutefois pas les capacités financières pour l’assumer. En province, la population lutte donc d’autant plus que les salaires et les retraites se réduisent face à des prix en hausse. Beaucoup, quittent ainsi les régions pour la capitale dans l’espoir de trouver un travail, et des perspectives pour l’avenir.
Hélas, pour beaucoup, la réussite n’est pas au rendez-vous, et ils viennent grossir le rang des SDF déjà nombreux. La faute à des crédits impayés, une perte d’emploi, des revenus en baisse. Tout ceci est amplifié par le système de « propiska ». Il s’agit d’un système d’enregistrements administratif, qui conditionne l’accès au travail et au logement. Une personne peut ainsi se faire rayer de ce système d’enregistrements malgré elle, suite à un conflit familial par exemple, et se retrouver sans domicile fixe, dans une situation extrêmement complexe.
Pour expliquer cette tragique situation au niveau économique, il faut évoquer l’entrée de la Russie en période de récession à cause de la baisse des cours du pétrole et des sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne. A cause de l’effondrement du rouble, certains produits ont vu leur prix multiplié par 2 ou 3, devenant inaccessibles pour la population la plus pauvre.
On peut rajouter en toile de fond, le grand fléau national, que représente l’alcool. De plus, il y a une raison que l’on évoque, mais qu’il est plus difficile de dénoncer officiellement, il s’agit bien sûr de la corruption que la crise économique ne saurait faire oublier. Cette corruption qui a permis à certains de s’enrichir de manière inouïe, en profitant de relations au plus haut degré, en faisant de la Russie un des pays où les inégalités sont les plus marquées.
Drôle de retournement de situation, pour un pays qui a longtemps couru après un idéal d’égalité.

Crédit photo :  Biture