D’après les chiffres, la peine de mort recule, mais…

Comme chaque année, Amnesty International publie son rapport sur le nombre de condamnations à la peine capitale. Nous avons donc les chiffres de 2016, qui montrent que le nombre a baissé avec 1 032 contre 1 634 en 2015. Cependant, il reste 18 848 personnes, qui attendent dans les couloirs de la mort.
La difficulté avec les chiffres concernant la peine de mort dans le monde, c’est qu’ils sont largement sujets à caution, car de très nombreux pays ne donnent pas les chiffres réels. Ils sont donc à manier et à être utilisé avec circonspection.
Il y a d’abord la Chine, qui reste le pays où l’on exécute le plus. En Chine, comme au Vietnam, la peine de mort reste un secret d’État. On ne peut donc faire que des estimations, mais une chose est sure, la Chine exécute plus de personnes, que dans tous les autres pays du monde réunis.
Cependant, toute action n’est pas inutile, car tout porte à croire que le nombre de peines capitales diminue ces dernières années. Chen Guangzhong, professeur émérite à la faculté de Sciences politiques de Pékin, cité par Amnesty, confirme cette baisse. « De ce que je sais, ces dix dernières années le nombre est passé de 10 000 à un nombre à quatre chiffres ».
Les Etats n’aiment pas communiquer sur le sujet, car ils ne donnent pas une bonne image sur la scène internationale, et le travail des ONG ou de l’ONU est de maintenir un effort permanent, pour avoir des chiffres. Ainsi en 2016, la Malaisie, sous pression de son Parlement, a pour la première fois, publié des chiffres. On y apprend, que plus de 1 000 condamnés attendent dans le couloir de la mort. Le Vietnam avait déclaré trois exécutions en 2014, or les chiffres remis en 2017 par les autorités vietnamiennes, entre 2013 et 2016 font état de 429 exécutions, soit en moyenne 143 par an.
Une mauvaise image aussi quand on sait, que le pays ment et minimise les chiffres. C’est le cas de l’Iran, qui a annoncé 242 exécutions. A l’issue de son enquête, Amnesty arrive au double du chiffre donné par Téhéran.
Il reste le cas des États fédéraux, dont les données remontent avec difficulté jusqu’au pouvoir central. L’Inde, explique comme cela sa difficulté à fournir des chiffres vérifiables.
Vous l’aurez compris, concernant ce rapport, les données sont davantage des estimations que des résultats précis. Cependant, comme souvent le principe et la démarche sont plus importants que le résultat. Les procédés d’investigation et la divulgation des résultats et des pratiques obligent certains Etats à refréner un peu les ardeurs, pour apparaître plus fréquentables sur la scène internationale.

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