Premier tour des présidentielles : la vengeance des instituts de sondage

Pour les instituts de sondage, ce premier tour de présidentielle fait figure de retour en grâce. Après de nombreuses déconvenues, et des prévisions largement contredites par les faits (Bréxit, élection Donald Trump), elles viennent de réaliser pratiquement un sans-faute. Ce qui donne donc l’occasion de montrer du doigt Filteris, dont les études faisaient de François Fillon l’homme fort du premier tour de l’élection présidentielle.
Il faut quand même leur accorder cela, les instituts de sondage ont bien réussi leurs analyses. Les derniers sondages publiés vendredi, qui n’avaient plus beaucoup bougé depuis une semaine, donnaient Emmanuel Macron entre 23 et 24 %, Marine Le Pen entre 22 et 23 %, François Fillon entre 19 et 21 %, Jean-Luc Mélenchon entre 18 et 19,5 %. Ils ont aussi pronostiqué le léger décrochage de Marine Le Pen dans les derniers moments de la campagne et annoncé l’effondrement du candidat socialiste.
Revenons sur l’agence canadienne Filteris, car celle-ci prétend renouveler les méthodes de mesure de l’opinion. Elle avait par exemple, annoncé la victoire de François Fillon dans la primaire, organisée par Les Républicains. Son angle d’attaque, c’est le calcul du « poids numérique des candidats ». La notion et son calcul restent volontairement flous, mais Filteris l’assurait, elle devait être directement corrélée aux intentions de vote.
Il faut bien l’avouer, pour ce premier tour, c’est un flop complet. Dans les enquêtes Filteris, Emmanuel Macron n’était à peu près jamais en position de se qualifier pour le second tour de la présidentielle, qu’il aborde désormais en favori. Le candidat « En Marche ! », était annoncé comme le troisième homme de cette présidentielle, et même devancé de 1,3 point par Jean-Luc Mélenchon dans la dernière étude Filteris, publiée vendredi à 23h50.
Par contre, Filtéris était devenu indispensable chez les fillonistes, car elle n’a pas cessé de placer François Fillon au-dessus de la mêlée pendant l’essentiel de la campagne, d’où la montée en puissance du fameux « vote caché ».
Accident, péripétie, l’agence canadienne ne va pas s’arrêter là. Elle a publié lundi à la première heure une première étude du duel entre Emmanuel Macron, évalué à 59,87 %, et Marine Le Pen, créditée de 40,13% au lendemain matin du premier tour. Cette fois par contre, ces scores sont sensiblement similaires à ceux posés par les instituts de sondage, qui donnent également un net avantage au candidat « En Marche ! », face à la présidente du Front national.
Cette fois, nos prédicateurs auront raison ou tort ensemble…

Crédit photo : André Gunthert