Uber met à l’écart son patron, pour redorer son image

La vie n’est pas un long fleuve tranquille pour la société Uber. De nombreuses polémiques tendent à noircir son image. En guise de réaction, la société a tout d’abord décidé de se passer de son PDG, le très controversé Travis Kalanick. Officiellement, celui-ci a décidé de prendre du repos et un peu de recul.

Bien sûr, ce congé est la version officielle annoncée dans un mail aux salariés et transmise à la presse. La réalité, veut que cette mise à l’écart soit une des préconisations du cabinet d’avocats chargé d’enquêter sur la réputation du groupe, qui s’est dégradée.

Cette mauvaise image, est la conséquence notamment de nombreux renvois et démissions en série depuis plusieurs mois. Il est question principalement, de harcèlement ou de sexisme, mais aussi de soupçons de vols de technologie. M. Kalanick, comme son bras droit Emil Michael qui a démissionné, n’échappent pas aux accusations.

La situation est suffisamment préoccupante pour nécessiter des réactions à deux niveaux. Au niveau interne, pour améliorer le fonctionnement, et au niveau externe, il faut des mesures médiatiques, telles que la mise en retrait du PDG, pour rassurer les investisseurs, et les associés. En effet, la valeur du groupe est estimée en partie sur sa capacité à lever de l’argent frais auprès d’investisseurs. Les avocats recommandent de reconstituer une équipe dirigeante, et de restructurer le conseil d’administration pour qu’il y ait des membres indépendants.

De nombreuses affaires tournent autour du management dans l’entreprise et de pratiques douteuses. Il faut donc améliorer les procédures « de contrôle interne » et de « remontée des informations ». Le cabinet d’avocats prône des « formations obligatoires » au management et aux ressources humaines. Ils préconisent aussi le renforcement de la direction des ressources humaines ou de donner plus de pouvoir et de visibilité au responsable des questions de diversité.

Il faut frapper fort et vite, car au-delà de ces problèmes de management, c’est la santé financière du groupe qui est en jeu. Uber, n’est pas encore rentable, car le résultat de l’année précédente fait apparaître un déficit de 2,8 milliards de dollars.

Crédit photo : JD Lasica