Total signe un contrat historique avec l’Iran

« L’économie à ses raisons que la politique ignore ». Un contrat historique va être signé par le groupe Total, qui devient ainsi, le premier pétrolier occidental de retour en Iran avec un contrat de 4,8 milliards de dollars avec un consortium international. C’est ce que l’on appelle un « retour en fanfare ».
La production de ce gaz va aller essentiellement en direction du marché intérieur iranien à partir de 2021 pour une production estimée à 370 000 barils équivalents pétrole par jour. Très vite, un porte-parole de Total, s’est voulu rassurant en indiquant que le groupe « mettra en œuvre le projet dans le respect le plus strict des législations nationales et internationales ».

Bien sûr, cette signature ne va pas être du goût de l’administration Trump, qui dénonce régulièrement l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et les grandes puisances, dont les États-Unis. C’est entre autres, cette position particulièrement hostile des États-Unis, qui rend difficile la normalisation des relations économiques de l’Iran avec le reste du monde. Les grandes banques internationales rechignent à travailler avec Téhéran, par crainte de mesures punitives de Washington.

Quoi qu’il en soit, Total détiendra 50,1 % des parts du consortium qui exploitera le champ gazier, suivi du groupe China National Petroleum Corporation (CNPCI) avec 30 % et de l’Iranien Petropars (19,9 %).

Pour Total, il s’agit de saisir des opportunités dans les secteurs pétroliers, gaziers et pétrochimiques de l’Iran, et ainsi de diversifier la provenance des carburants. Téhéran, détient la deuxième réserve mondiale de gaz, après la Russie, et elle détient la quatrième réserve mondiale de pétrole.

Du côté iranien, Téhéran a besoin d’attirer d’énormes investissements étrangers. Cet accord Total pourrait servir d’exemple et de référence pour encourager d’autres compagnies occidentales et asiatiques à faire de même. Ces derniers mois, de nombreux protocoles d’accord ont été signés par l’Iran et des compagnies européennes, asiatiques et russes.

Depuis la levée des sanctions, Total est la troisième grande entreprise française à revenir en Iran, après les groupes automobiles PSA et Renault.

Crédit photo : Gérard Stolk