Afrique du Sud : Johnny Clegg fait ses adieux à la scène

Pour ceux qui s’intéressaient à la musique, et qui étaient sensibles aux problèmes de l’apartheid en Afrique du Sud dans la fin des années 80, Johnny Clegg était le chanteur inévitable, avec son tube « Asimbonanga » qui rend hommage à Nelson Mandela. A 64 ans, il fait maintenant sa tournée d’adieux.

Il ne faut pas se mentir, celui qui pendant très longtemps a incarné et chanté sur les scènes musicales du monde entier, la résistance à l’apartheid, se retire pour raison de santé. Il est atteint d’un cancer, et il préfère faire ses adieux tant que c’est possible, et de manière satisfaisante.
Cette tournée sera mondiale, et passera par la Grande-Bretagne, à Dubaï, aux Etats-Unis et au Canada, et même France. Johnny Clegg se produira notamment au festival Les Escales, à Saint-Nazaire, fin juillet.

Johnny Clegg, c’est tout de même 35 ans de carrière, et plus de cinq millions d’albums vendus. Le Zoulou blanc comme on l’appelle, a commencé sa carrière en jouant avec un musicien de rue zoulou Mntonganazo Mzila. Durant deux années, Clegg apprend les rudiments de la musique zoulou, en accompagnant Mzila partout, malgré l’interdiction des Noirs et des Blancs de franchir la limite des secteurs réservés. Cette période va aiguiser sa sensibilité sur le problème de la séparation des blancs et des noirs.

Plus tard, il forme le groupe Savuka avec lequel il sortira Third Worls Child comprenant Asimbonanga dédié à Nelson Mandela et Scatterlings of Africa, qui figure dans la bande originale du film Rain Man. En 1988, c’est le plus gros vendeur de 45 tours en France.

Sa chanson Ibhola Lethu, qui traite de la ségrégation dans les stades durant l’apartheid, malgré la domination des équipes de la township de Soweto, a été choisie comme hymne pour le Mondial de football 2010. Cependant, son plus grand bonheur aura certainement été d’avoir pu chanter « Asimbonanga », sur scène avec Nelson Mandela.

C’est donc un grand monsieur qui fait ses adieux à la scène pour un autre combat, plus personnel celui-là.

 

Crédit photo : Greg Trandel