Une nouvelle « chaussée glissante » pour l’industrie automobile allemande

On vante souvent les mérites et les qualités de l’industrie automobile allemande, qui sont souvent citées en référence. Ses méthodes de fabrication, de management et commerciales, sont à la base d’une réelle réussite. Cependant, tout n’est pas aussi « merveilleux » que l’on veut le croire, et la réussite de ce secteur tient aussi sur des aspects plus sombres. Le magazine allemand der Spiegel a révélé vendredi 21 juillet un possible système d’entente entre les principaux cinq constructeurs automobiles allemands.

 On se souvient du trucage concernant onze millions de véhicules diesel par le groupe Volkswagen, révélé en 2015, pour contourner les normes de pollution. Ce scandale pourrait rapidement être largement dépassé au niveau ampleur si les révélations du journal allemand der Spiegel s’avèrent fondées.

 En cause, les cinq principaux constructeurs du pays, Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Daimler. Ils sont suspectés d’avoir tenu, depuis les années 1990, des réunions secrètes pour s’accorder sur le nombre d’aspects techniques de leurs voitures, au détriment bien sûr des consommateurs.

 De nombreuses réunions ont permis de se mettre d’accord sur des aspects techniques très divers allant du système d’embrayage, aux toits ouvrants des cabriolets. Surtout, ils se seraient aussi mis d’accord sur le choix de sous-traitants, défiant ainsi les sacro-saintes lois de la concurrence.

 Au passage, on s’entend aussi pour biaiser avec la façon de réduire les émissions polluantes des véhicules diesels.

 Pour le moment, on n’en est qu’au stade des soupçons, mais si une enquête devait se confirmer, des sanctions pourraient tomber au niveau national, et même au niveau européen. La Commission européenne enquête de son côté sur les informations dont elle dispose. Les amendes et les redressements des constructeurs mis en cause pourraient monter à plusieurs milliards d’euros en cas d’infraction aux règles de la concurrence.

Cependant, le plus terrible serait porté à l’image du fameux « Made in Germany » qui a déjà souffert du « dieselgate ».

 « Cette affaire est une catastrophe pour la crédibilité de la branche », explique Stefan Bratzel, directeur du Centre de management automobile de Bergisch Gladbach. Il accuse la classe politique d’irresponsabilité, pour avoir fermé les yeux ».

 Même son de cloche pour Ferdinand Düddenhoffer, un spécialiste du secteur automobile de l’université de Duisbourg, »tout est fait en Allemagne pour protéger la branche automobile et la technique clé du diesel, or, c’est le contraire qui a été atteint « , regrette-t-il.

Vielleicht eine große Katastrophe passiert

Crédit photo : Paul Griffiths