La Pologne n’est pas contente des dernières déclarations d’Emmanuel Macron

Comme on pouvait s’y attendre, tout ne se passe pas aussi simplement que cela avec les pays qu’Emmanuel Macron a accusé de faire du dumping social. En tête de ces pays, la Pologne qui apparaît comme le pays qui en profite, et qui refuse de réviser la directive européenne sur le travail détaché.

Pour le président français, il s’agit de remettre un peu d’ordre et éviter une concurrence trop inégale dans le coût du travail. Dans un premier temps, il est question de limiter la durée de séjour d’un travailleur détaché à un an au lieu de deux.

La réaction polonaise ne s’est pas fait attendre, et la première ministre polonaise, Beata Szydlo, a dans un premier temps souligné le caractère « arrogant » de la déclaration d’Emmanuel Macron. Dans un deuxième temps, elle a déjà précisé que son pays refuserait « dans l’intérêt des travailleurs polonais » une réforme de la directive de 1996. Celle-ci a été mise en place pour permettre à une entreprise de l’UE d’envoyer ses salariés dans d’autres pays de l’Union à titre provisoire en continuant à payer les cotisations sociales dans le pays d’origine. Pour la Pologne, cela concerne 500 000 travailleurs qui bénéficient de cette possibilité.

Ce sont les Polonais et les Hongrois, qui sont les plus virulents à l’encontre du positionnement de la France. D’ailleurs la tournée d’Emmanuel Macron dans les pays de l’Est de l’Europe pour rallier des soutiens à une réforme de la directive, n’est pas passée par ces deux pays.

Dans sa démarche, le président français peut compter sur le soutien du commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Celui qui fut aussi ministre français de l’Économie, a soutenu l’initiative du président français, en réaffirmant la nécessite de trouver « un compromis » sur la question. Soucieux de ménager deux impératifs à la fois, il a déclaré, « la liberté de circulation, qui est une des grandes libertés de l’Europe, doit aller de pair avec le combat contre le dumping social ».

Crédit photo : Brian Aslak