Rugby : Bernard Laporte dans la tourmente

Tout le monde le sait, le football est un devenu un sport de corrompus où l’argent et les magouilles règnent, au contraire du rugby, sport de guerriers aux nobles valeurs. Voilà une affaire qui, si elle ne change rien à la description du football, peut faire évoluer celle du rugby. Elle concerne un guerrier parmi les guerriers Bernard Laporte, président de la fédération française de rugby, qui est confronté à de nouvelles histoires de plus en plus compromettantes.

Après avoir été joueur, ancien sélectionneur du XV de France (2000-2007), puis secrétaire d’État aux sports sous le gouvernement Fillon (2007-2009), Bernard Laporte a été élu président de la FFR en 2016. Il est maintenant soupçonné d’avoir favorisé le club de Montpellier, alors qu’il avait conclu un contrat d’image en février 2017 avec le sulfureux dirigeant montpelliérain. Le 28 août, la FFR a annoncé la rupture immédiate de ce contrat.

Deux articles du Journal du dimanche expliquent d’une part, qu’en tant que dirigeant de la société BL Communication, Bernard Laporte a signé il y a six mois un contrat lui offrant 150 000 euros pour animer au moins quatre conférences ou séminaires, pour le groupe Altrad Investment Authority, dirigé par Mohed Altrad. Celui-là même, qui a réussi à devenir sponsor officiel. Un sponsor, dont le nom apparaît sur le maillot du XV de France, qui était resté immaculé jusqu’en mars 2017.

D’autre part, entre le 29 et le 30 juin, Bernard Laporte aurait sollicité la commission d’appel de la FFR pour qu’elle se prononce « dans un sens beaucoup plus favorable à Montpellier », selon une lettre de l’un de ses treize membres, Philippe Peyramaure, à Jean-Daniel Simonet, président de ladite commission.

Bien sûr, Bernard Laporte nie en bloc les pressions dont l’accuse Philippe Peyramaure, qui selon lui « est instrumentalisé «  par des « gens qui ne supportent pas » sa présidence et sa volonté de réforme au profit du rugby amateur, et de l’équipe de France.

Il fait valoir que sa situation d’homme d’affaires, assure son statut de président bénévole. Cependant, il admet que « ce ne sera plus avec une grande entreprise partenaire d’un club de rugby professionnel « , précise celui qui a été aussi au passage consultant pour RMC.

Il reste, que la situation de la FFR est assez confuse. Elle en proie à de nombreuses démissions en cascade. Face à cette situation, la Fédération française de rugby a l’intention de créer une haute autorité pour la transparence et l’éthique dans le rugby qui sera confié à l’avocat parisien Francis Szpiner, récent candidat du parti Les Républicains aux législatives.

Au cœur de tout cet imbroglio, le départ de Bernard Laporte pourrait apporter un peu de sérénité et faire baisser les tensions. A 72 %, 15 000 votants et internautes de L’Équipe souhaitent le voir démissionner. La nouvelle ministre des Sports, Laura Flessel, a fait savoir qu’elle allait confier une enquête sur cette affaire à l’inspection jeunesse et sports.

Rugby, ton univers impitoyable…

Crédit photo : jean paul duss