L’illettrisme, si on n’en parle pas, ils n’écriront pas

Voici très certainement un phénomène qui ne fait que rarement la manchette des journaux. Il est aussi que très peu pris en compte dans le monde du travail. Nous parlons de l’illettrisme, qui touche une entreprise sur deux. Les secteurs de l’entretien et du nettoyage, et des services à la personne sont les plus concernés.

Une enquête CSA a été initiée par le délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale. Elle est publiée à l’occasion de la 4e édition des journées nationales d’action contre l’illettrisme, jusqu’au 15 septembre.

Quand on évoque illettrisme, ce n’est pas moins de 7 % de la population, qui est concernée. Ces personnes ont pourtant suivi une scolarisation même minimum en France. Cela veut aussi dire qu’environ 1,5 million de personnes travaillent en masquant littéralement ce qui peut être perçu comme un handicap dans le bon accomplissement de son travail, sans que l’employeur ne s’en rende compte. En effet, l’ampleur du phénomène, est largement sous-estimée dans les entreprises et administrations, avec seulement 26 % des employeurs capables de la mesurer, selon cette enquête CSA.

On imagine facilement les conséquences que cela peut avoir par exemple sur la compréhension de consignes écrites. Celles-ci deviennent “souvent » un problème pour 27 % des entreprises et administrations interrogées et « de temps en temps » pour 25 % d’entre elles.

Au-delà de ces difficultés immédiates, le rapport explique qu’avoir du mal à lire et à écrire, est « clairement identifiés comme des facteurs de risque professionnel », pour la santé physique par 57 % des répondants (68 % dans le secteur du BTP) et pour la santé psychologique par 69 %.

En face de cela, et malgré l’importance de l’enjeu, les actions mises en place pour remédier à ce phénomène, apparaissent un peu dérisoires. Seulement 14 % des entreprises ont mis en place, ne serait-ce que des actions de repérage.

La réaction est un plus volontariste dans le secteur de l’entretien et du nettoyage, qui est plus confronté directement au problème. Si 19 % des entreprises proposent une formation spécifique concernant l’apprentissage et la maîtrise des fondamentaux de la langue française, le secteur de l’entretien et du nettoyage affiche 38 %.

Pas suffisant bien sûr, mais la question ne se pose-t-elle pas avant, tout à la base, c’est-à-dire à l’école ?

Crédit photo : Frédéric BISSON

  • Stéphane C.

    « ils n’écrirons » « si on en parle pas » ???
    C’est une blague ou de l’illettrisme?
    Terminaison de la 3ème personne du pluriel = nt
    Et double négation = ne pas
    Merci merci