Les Républicains : les exclusions, un nouvel épisode dans la saga du Parti

Les Républicains n’arrivent pas à prendre une décision claire concernant l’exclusion du Parti des ministres participant au gouvernement d’Edouard Philippe. Même une réunion du bureau politique des responsables LR n’a pas réussi à trancher sur le sort des ministres qui ont rallié Emmanuel Macron, ni celui des membres qui ont créé le groupe « Constructifs » à l’Assemblée.

A l’inverse, on a presque l’impression que plus ça va, moins ça va. Au départ, l’exclusion immédiate de Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics semblait nette et sans bavure. Et puis, il a finalement obtenu un incompréhensible sursis de huit jours. A partir de là, tout s’effiloche, et tous les autres membres du gouvernement issus de LR, doivent venir « s’expliquer » devant une « commission spéciale ».

Tout ceci n’est pas du goût de certains, comme Laurent Wauquiez, Daniel Fasquelle, qui défendent une ligne dure et ne comprennent pas les hésitations concernant les exclusions.

Par contre, d’autres comme Patrick Ollier, Christian Estrosi ne sont pas favorables à des exclusions au moment où le Parti est déjà largement en perte de vitesse. Xavier Bertrand explique, « je n’ai pas adhéré à un Parti pour exclure. Un Parti qui se rétrécit, c’est un Parti qui n’a pas d’avenir. » Plus polémique, Christian Estrosi évoque des méthodes « staliniennes » et attaque « tant qu’à évoquer l’exclusion d’un Premier ministre ou d’un ministre de l’Économie, vous ne pensez pas qu’on devrait mettre aussi à l’ordre du jour tous ceux qui se sont rapprochés dangereusement du FN ? Qui sont restés enfermés dans le « ni-ni » ?

Au-delà des postures de chacun, il ne faut pas oublier, pour expliquer toutes ces hésitations, des responsables LR ont tranché dans le vif, les petits calculs politiques électoraux. « Nous avons voulu que cette clarification s’opère après la sénatoriale » a ainsi expliqué Bernard Accoyer. Le président de la chambre haute sortant, Gérard Larcher, par exemple ne voulait pas que des exclusions brutales perturbent sa campagne et gênent sa réélection dans un fauteuil, en lui ôtant l’appui des Centristes.

En fait, au train où vont les choses, ce ne sera bientôt plus la peine d’exclure personne. Il semblerait en effet, que ni les membres du gouvernement issus des rangs LR, ni les Constructifs ne regrettent vraiment leur Parti.

Un Parti, qui se réunit sans rien décider, et qui perd ses membres, cela ne vous rappelle rien ? Qui a dit le PS ?

Crédit photo : Campus Républicain