Le journaliste, accusateur de Weinstein, s’appelle Ronan Farrow, fils de Woody Allen

Les révélations, concernant Harvey Weinstein, l’un des hommes les plus puissants d’Hollywood, et qui ont conduit toute cette agitation viennent du journal « New Yorker ». Plus exactement d’un reporter nommé Ronan Farrow, c’est le fils de Woody Allen et Mia Farrow. Un couple, qui s’est séparé, lorsque le cinéaste est tombé amoureux de la fille adoptive de l’actrice. Il est donc bien placé, pour savoir que dans le monde du cinéma, tout n’est vraiment pas rose pourpre.

Ronan Farrow, a toujours baigné dans un monde assez particulier. Un condensé de ce que New-York et le show-business peut fabriquer en matière de snobisme, d’intellectualisme outrancier et de perte de repères basiques. Né en décembre 1987, il était familier des gros titres et des paparazzis très jeunes. Ses grands-parents étaient, l’actrice irlandaise Maureen O’Sullivan, « elle » Jane de « lui « Tarzan Johnny Weissmuller, et le réalisateur australien John Farrow, autre couple particulièrement explosif et en proie à l’alcool.

Surtout, il n’a jamais pardonné à son père ce qu’il appelle une « transgression morale » avec sa belle-fille adoptée Soon-Yi Previn. Pour la fête des pères 2012, Ronan a publié un tweet sardonique, « bonne fête des pères. Ou, comme on dit dans ma famille, bonne fête des beaux-frères

Au milieu de tout cela, Ronan impressionne par ses capacités intellectuelles. Jugez plutôt, à 15 ans, il sortait de l’université Barnard, le plus jeune diplômé (en biologie et philosophie) de l’histoire de l’institution. A 16 ans, il intègre la faculté de droit de Yale. A 21 ans, il passe le barreau de New-York, et il participe à la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants. A 23 ans, il rédigeait les discours de Richard Holbrooke, l’envoyé spécial de Barack Obama pour l’Afghanistan. Après la mort du diplomate, il est devenu le conseiller à la jeunesse de la secrétaire d’État Hillary Clinton.

L’enquête sur les abus sexuels commis par Harvey Weinstein lui a pris 10 mois. Il a réussi à convaincre deux femmes de témoigner à visage découvert, et elles accusent de « viol » le fondateur de Miramax. Une troisième a conservé l’anonymat.

Au-delà de ces actes, l’enquête vise à démontrer le système de couverture des abus sexuels à Hollywood, et l’omerta mise en place par la presse, les agents, les intermédiaires chargés des relations publiques. C’est l’ensemble de cette situation, qui semble ne pas se cantonner à Harvey Weinstein et ressemble plus à un état d’esprit admis dans certaines sphères, qui donne la nausée.

Interrogé sur la même chaîne MSNBC, Ronan Farrow explique que le New-Yorkais avait immédiatement accepté le dossier, ce qui ne fut pas le cas de la chaîne télé NBC avec qui pourtant, il était sous contrat pour justement des grands sujets d’investigation.

Ronan Farrow a déclaré à ce propos, « ce que je peux dire, c’est que pendant des années, de nombreux médias ont tourné autour de l’histoire et subi de lourdes pressions ».

Hélas, fort de son expérience, Ronan Farrow avait déjà écrit en 2015, « notre rôle est encore plus important quand le système légal ne remplit pas sa mission auprès des vulnérables qui sont confrontés aux puissants, souvent les femmes ne peuvent pas ou ne veulent pas porter plainte. Le rôle d’un reporter est celui de porteur d’eau pour elles ». Il rajoute, qu’il faut pour cela oser « couper les ponts » avec les gens importants et de confronter « les fans et les agents publicitaires en colère ».

Crédit photo : IAVA.org