La violence contre les pompiers encore en augmentation

L’Observatoire national de la délinquance (ONDRP), a publié récemment les résultats d’une étude. Celle-ci va permettre de mettre des chiffres derrière ce que l’on appelle pudiquement un sentiment d’insécurité, que les pompiers ressentent au cours de leurs diverses interventions. Ce rapport, démontre une nette augmentation les agressions commises contre les pompiers en 2016.

L’augmentation des agressions est de 17,6 % par rapport à 2015. En 2016, il y en a eu 2 280, contre 1 939, soit 341 de plus. Cela ne fait hélas, que confirmer une tendance, qui a déjà amené les pompiers à manifester, pour exprimer leur ras-le-bol.

Si l’on prend les chiffres en détail, il apparaît que c’est en Nouvelle-Aquitaine, où l’on dénombre le plus d’agressions avec 406 agressions déclarées. Cela correspond à une augmentation de 207,6 % en un an. Les deux régions qui suivent dans ce triste classement, sont les Hauts-de-Seine et la région Rhône-Alpes. Cette dernière a tout de même la particularité d’être la seule région à enregistrer une baisse du nombre de déclarations de pompiers blessés en intervention par rapport à l’année précédente.

Le colonel Éric Faure, président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, fait remarquer de manière assez fataliste que « ces chiffres ne nous surprennent pas, ils sont en ligne avec la hausse des violences physiques enregistrées chaque année en France, et qui affecte aussi d’autres professions comme les personnels hospitaliers ». Pourtant, on pourrait imaginer que justement ces catégories qui interviennent au secours des personnes échappent à cette terrible tendance.

Apparemment, deux raisons à ce phénomène, d’une part, selon Christophe Soullez, le directeur de l’Observatoire « dans les quartiers difficiles, dans les banlieues, où là, ils vont être un peu assimilés à des représentants de l’institution, aux symboles de l’État, et avec l’uniforme aux forces de police ».

D’autre part, Christophe Soullez complète en expliquant que les pompiers sont souvent pris à partie par des personnes de plus en plus énervées contre tout, en proie avec l’alcool ou d’autres substances, et qui ne font plus de différences. Le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, confirme qu’à Paris et en proche banlieue, « les agressions ont lieu partout, dans les quartiers difficiles comme dans les quartiers privilégiés, où les pompiers deviennent parfois les souffre-douleurs de ceux qui font trop la fête » ou de « ceux qui sont dans la solitude et la détresse ». Il constate, « ce sont surtout des griffures, des crachats, des coups ».

La sortie de ce rapport, permet une nouvelle fois au colonel Éric Faure, de demander une modification de la loi pour leur permettre de porter plainte de manière anonyme. Il faut tenir compte, « quavec plus de 7 000 casernes réparties dans toute la France, ils peuvent parfois avoir à porter plainte contre leurs voisins ».

Crédit photo : Bernadette Tauziede