Les drôles de voisins de Björn Höcke, le leader des identitaires Allemands

Certaines actions, même si elles restent anecdotiques, ont le mérite de l’originalité. A ce titre, celle fomentée par le collectif allemand Centre for Political Beauty, mérite une petite attention. Ils se sont arrangés pour que Björn Höcke, le leader des identitaires, ait une vue imprenable depuis son jardin, sur ce monument du souvenir des victimes juives de la Shoah, qu’il avait qualifié de « mémorial de la honte ».

Pour bien comprendre, il faut cerner la personnalité du député Björn Höcke. Il a déclaré en 2017 lors d’un discours, « nous sommes, les Allemands, le seul peuple à avoir implanté un mémorial de la honte au cœur de sa capitale« . Il parle ainsi du mémorial de l’Holocauste, érigé près de la porte de Brandebourg à Berlin.

L’homme, élu de la région de Thuringe, gagne en audience tout comme le Parti de l’AfD, dont il représente l’aile dure. Björn Höcke, est un partisan des thèses révisionnistes, et il déclare qu’il « défend la constitution d’une identité et d’un territoire pangermanique ».

Les membres du collectif Centre for Political Beauty, ont donc élaboré une action visant ce triste personnage. Il y a dix mois, ils ont d’abord loué la maison située sur le terrain juste à côté de celle de l’homme politique, dans la ville de Bornhagen. Sur ce terrain, depuis le mercredi 22 novembre, ils ont érigé une réplique miniature de 26 blocs de béton du mémorial de l’Holocauste. L’identitaire a désormais, tous les jours une vue sur ce monument, objet de son courroux et de son ressentiment comme dirait l’Alcmène de Molière.

L’action est prévue pour une certaine durée, car une cagnotte en ligne a été lancée pour entretenir le monument, qui ne manquera pas de devenir une cible, pendant les deux prochaines années ou plus. En 24 heures, plus de 85 000 euros ont déjà été récoltés.

Le collectif a fait savoir qu’il serait enclin à éventuellement le retirer, si Björn Höcke s’agenouille devant « pour demander sincèrement pardon pour les crimes allemands de la Seconde Guerre mondiale« . Autant dire jamais…

Crédit photo : Michaël DUCLOUX