Espionnage, infiltration, hacking : les autres activités de la compagnie de VTC Uber

Voilà quelques révélations de plus, qui ne vont pas rehausser l’image déjà bien écornée de la compagnie de VTC Uber. Après les révélations concernant le travail de ses chauffeurs, l’attitude menant à la démission de son président-créateur Travis Kalanick, ce sont des affaires d’espionnage, et de vols d’informations sur ses rivaux, qui sont reprochés à la compagnie de VTC. Le détail de ces méthodes, a été dévoilé grâce au témoignage d’un ancien employé.

Durant les procédures, autour du différent opposant Waymo à Uber, le procureur général avait découvert une lettre très compromettante pour la compagnie de VTC, au point de reporter le procès. Dans cette lettre, un ancien employé, chargé de la sécurité de la société, Richard Jacobs, y détaillait les pratiques de la compagnie en matière d’espionnage. A travers 37 longues pages, on découvre la mise en place d’une cellule dédiée à l’espionnage. Le fonctionnement de cette cellule, nous plonge dans une réalité qui rejoint la fiction.

On peut y lire par exemple, « ce programme, anciennement connu sous le nom de Services Stratégiques du Groupe, sous la direction de Nick Gicinto, collectait des renseignements et supervisait une surveillance illégale, y compris l’enregistrement de conversations privées de dirigeants de sociétés concurrentes comme DiDi Chuxing, ainsi que de ses propres employés, et entrepreneurs du centre de Pittsburgh ».

Évidemment, cet exemple de mise sur écoute, est assez classique et il y a encore plus grave. Uber, aurait mis en place un réseau de serveurs anonymes, pour lancer des appels sur les services de ses rivaux. Il aurait utilisé des cartes SIM, pour simuler des faux conducteurs, afin d’étudier la réactivité de ses concurrents, et pour collecter quantité d’informations confidentielles.

Toujours plus grave, le document révèle aussi la présence d’agents infiltrés sur le terrain pour surveiller les taxis localement, ou récupérer des sources chez les concurrents. Ses agents, auraient eu par exemple pour mission, d’enregistrer les conversations des cadres d’une société, réunis dans un hôtel pour une conférence. On se croirait dans un vrai film d’espionnage avec même des usurpations d’identité de certains chauffeurs de taxi pour infiltrer en ligne des groupes privés d’opposants discutant sur Facebook, ou WhatsApp. Au bout de cette logique, Uber aurait aussi ordonné la falsification et la destruction de contenus, logiciels et matériels, pour masquer tout cela, au cas où, une enquête serait menée, et ainsi, ne laisser aucune preuve légale exploitable au cours d’un litige.

Bien sûr, toutes ces activités faisaient l’objet de compte-rendus soumis à la « War room » au siège d’Uber, et donc porté à l’attention des dirigeants, et notamment du PDG Travis Kalanick.

Cette lettre avait été adressée au mois de mai dernier à l’avocate d’Uber Angela Padilla. Richard Jacobs, aurait conclu avec Uber une transaction de 4,5 millions de dollars l’engageant à se taire. Cet accord, semble devenu caduc avec la découverte du document par la justice.

Crédit photo : Willian Lo