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28% des actes médicaux ne sont pas pleinement justifiés

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Selon un sondage TNS pour la Fédération Hospitalière de France, 72% des actes médicaux seraient « pleinement justifiés » selon les médecins. Ce sondage publié le 4 Juillet révèle qu’il y a une marge de progression à faire en France.

Avec un trou de la sécurité sociale s’élevant à 8,6 milliards d’euros en 2011 pour la seule branche maladie, les 28% d’actes jugés superflus, qui engendrent des remboursements, laissent présager des économies substantielles.

Pour permettre ces économies, encore faut-il comprendre ce qui pousse les praticiens à agir ainsi dans ces 28% de cas.

Sur ce point, le sondage apporte quelques réponses. Pour 803 médecins, hospitaliers, spécialistes et généralistes libéraux, soit 85% de l’échantillon national interrogé, ce sont les patients eux-mêmes qui poussent à des prescriptions pas forcément nécessaires.

Ensuite, 53% des praticiens craignent les poursuites judiciaires, peur en augmentation depuis quelques années déjà. 39% d’entre eux estiment aussi qu’il y a un manque de formation des médecins, 37% dénoncent l’absence de référentiels partagés par les professionnels, et 27% pointent du doigt l’absence de contrôle des pratiques. Seuls 20% des médecins motivent des actes injustifiés en raison d’incitation économiques.

Globalement, qu’il s’agisse de spécialistes libéraux, hospitaliers, ou généralistes libéraux, les réponses sont sur la même ligne. Néanmoins, c’est bien chez les généralistes libéraux que le nombre d’actes injustifiés sont les plus importants.

Suite à cette étude, Fédération Hospitalière de France (FHF) estime qu’il est « important de rendre les patients plus acteurs du système de santé que consommateurs de soins » et persiste sur sa proposition de création d’un institut du patient, qui assurerait une sorte de formation continue.

Frédéric Valletoux, président de la FHF, insiste sur un point : « Il ne faut pas imaginer que les 28% d’actes dont les médecins doutent de l’utilité puissent tous être supprimés, sinon nous aurions une médecine froide, mécanique, sans humanité ».

Il est vrai qu’entre les impératifs économiques, et la prise en compte de l’humain, les intérêts sont parfois antagonistes.

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La Rédaction