L'Echo

La confiance des actionnaires, variable maudite de l’équation boursière

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Confrontées à des difficultés d’accès au crédit bancaire, les entreprises ont besoin de diversifier leurs sources de financement vers les marchés financiers. Pourtant, la bourse n’a jamais eu plus mauvaise presse qu’aujourd’hui. En cause notamment, la confiance des actionnaires qui est en baisse selon KPMG, entraînant de fréquents décrochages boursiers.

KPMG a réalisé son étude sur le risque actionnarial en se basant sur un échantillon de 348 sociétés françaises cotées faisant partie de l’indice CAC All Tradable. Le cabinet a identifié entre le 30 septembre 2007 et le 30 septembre 2012 les décrochages boursiers de plus de 20% et plus de 30% par rapport à l’indice sur une période de vingt jours de bourse.

Résultat : sur ces cinq dernières années, l’enquête a recensé près de 1827 chutes de cours de plus de 20% par rapport à l’indice sur une période de vingt jours de bourse. 86,5% des entreprises cotées ont connu au moins un décrochage boursier de cette ampleur, comme l’indique notre infographie réalisée à partir des données de l’étude KPMG. Le pourcentage s’élève à 51,7% pour les entreprises ayant été touchées au moins quatre fois. En outre, une entreprise sur deux a subi un décrochage supérieur à 30%.

      

KPMG a également identifié quelles étaient les entreprises les plus fragiles. Sur ce point, les petites entreprises en termes de capitalisation boursière sont les plus susceptibles de subir un décrochage boursier, même si les grandes ont aussi leurs lots de déconvenues. Elles sont aussi particulièrement vulnérables quand elles sont dans les secteurs de la technologie et des biens de consommation. Pour Jean-Florent Rérolle, Associé KPMG Corporate Finance, « l’importance du capital immatériel dans ces secteurs, la fréquence et la rapidité des ruptures technologiques peuvent expliquer cette vulnérabilité ».

Pourquoi des décrochages aussi brutaux ? Si l’on devait résumer, ils sont majoritairement survenus suite à perte de confiance des investisseurs confrontés à des signaux stratégiques incohérents de la part des directions. « 52% des chutes de cours sont imputables à la perception d’une altération de la trajectoire stratégique (…), 32% à des décisions financières anxiogènes qui peuvent cacher des faiblesses stratégiques et 16% à des dysfonctionnements dans l’exécution stratégique ou la gouvernance ».

Ces chutes sont d’autant plus nuisibles qu’elles mettent durablement en péril les entreprises. Ces dernières doivent, en plus de réinstaurer une confiance particulièrement longue à revenir – 9 mois sont nécessaires pour retrouver le niveau de l’indice après une chute de 20% et près de 11 mois pour les décrochages de 30% –, contrer les dommages collatéraux engendrées par ces décrochages sur l’organisation et le management.

La confiance des investisseurs est donc la variable maudite de l’équation boursière. Si les entreprises ne peuvent jamais la déterminer tout à fait, du moins peuvent-elles se prémunir contre des mouvements boursiers défavorables en construisant une stratégie stable et solide susceptible de limiter les inquiétudes des actionnaires.

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La Rédaction