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L’Union européenne : un monde changeant

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Les frontières de l’Europe communautaire ne vont pas de soi. Cet été 2013 de vieilles rivalités se sont réveillées entre Londres et Madrid à propos de Gibraltar, sous souveraineté britannique depuis le traité d’Utrecht de 1713. Les Britanniques construisent un récif artificiel au large du rocher, ce dont se plaignent les pêcheurs espagnols. Madrid décide alors de rétablir des contrôles à la frontière et menace même d’y établir un péage… David Cameron fait appel à la commission européenne, avant d’envoyer, pour des manœuvres prévues de longue date, la frégate HMS Westminster.

Depuis 2004, l’Union européenne est en contact direct avec des Etats de l’ancien espace soviétique, mais Moscou reste très sourcilleuse vis-à-vis de son ancienne zone d’influence et prévient que la signature d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne serait « suicidaire ». Moscou menace d’user d’armes commerciales, comme cela a déjà été fait plusieurs fois par le passé avec le gaz.

Les frontières de l’UE restent sensibles. La controverse au sujet de la participation britannique à l’UE a connu de nouveaux rebondissements. A la mi-juillet 2013 un Think tank britannique propose un prix (le Brexit price : Britain et exit) de 100 000 euros pour le meilleur plan de sortie de l’UE. David Cameron s’est par ailleurs engagé à organiser un référendum sur le sujet avant la fin de 2017 et, en attendant, cherche à renégocier la place de son pays au sein de l’UE.

En Egypte, la diplomatie européenne peine à se positionner suite à la déposition du président Morsi, même si les violences sont unanimement dénoncées. La ligne de conduite semble difficile à définir, un soutien au premier président égyptien démocratiquement élu mais issu des Frères musulmans, un soutien à la rue où se mêlent salafistes et démocrates, ou à l’armée ? Dans ce pays, l’influence européenne est déclinante, ses Etats ne sont plus un bailleur de fonds de premier plan alors que l’Arabie saoudite ou le Qatar sont, eux, devenus d’importants soutiens respectivement des salafistes et des Frères musulmans. Dans l’expectative, l’UE interrompt la livraison d’armes et d’équipement sécuritaires et réexamine l’aide qu’elle apporte à ce pays.

La Commission européenne peine aussi à se faire entendre de Pékin sur le dossier des mesures anti-dumping concernant les tubes en acier inoxydable (domaine dans lequel l’entreprise Vallourec est un des leaders mondiaux). Le conflit dure depuis plusieurs mois (cf. « Actualité internationale de juin 2013 ») et Bruxelles a décidé de faire appel à l’OMC pour trouver une issue à ce contentieux. Tokyo a déjà porté plainte auprès de l’organe de règlement de différents (ORD) sur ce même dossier des taxes imposées par Pékin sur les tubes inoxydables.

Au niveau monétaire et financier, cet été 2013 est riche d’enseignements. L’Union européenne a donné son accord pour que la Lettonie adopte l’euro. La police italienne a réussi à démanteler un réseau d’évasion fiscale portant sur plus d’un milliard d’euros, à destination de San Marin. Il existe au sein de l’Union européenne des enclaves qui ne participent ni à l’euro ni à l’espace Schengen, et tous les membres n’ont pas la même politique fiscale. Ces frontières financières, monétaires et fiscales internes sont à l’origine de mouvements plus ou moins légaux qui affaiblissent l’Europe plus qu’ils ne la renforcent… à l’heure où le taux d’endettement a encore progressé pour atteindre, au premier trimestre 2013, 92,2% du PIB pour la zone euro (160% en Grèce ou 130% en Italie selon Eurostat 91,9% pour la France mais 81,2% pour Berlin).

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La Rédaction