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UMP : Nicholas Sarkozy joue les « paratonnerres », Juppé attire « les foudres »

Au moment où la situation devient de plus en plus critique, l’UMP s’est montré soudé samedi 7 octobre pendant le conseil national à Paris, malgré quelques provocations.

La semaine a été compliquée pour Nicolas Sarkozy, qui a dû gérer les tensions qui règnent à l’UMP concernant la stratégie à adopter envers le Front national. Même après avoir perdu 26 points dans le sondage BVA, il s’est sorti de l’épreuve qu’il a traversée, content de lui et l’image donnée par la droite. Le bureau politique a adopté la reconduction du « ni-ni », alors que le parti « défendait la liberté de vote. Mais ce dispositif ne devait pas s’appliquer pour le FN « J’ai vu qu’on s’inquiétait que je sois mis en minorité, affirme-t-il, « Je me suis dit : ‘Ne t’énerve pas! Quand on est chef d’une famille, on sert de paratonnerre’ »

Si l’UMP : Nicholas Sarkozy joue les « paratonnerres », Juppé attire « les foudres » « sort de cette semaine renforcée» selon les affirmations de son président, « aucun des candidats potentiels de 2017 n’a cédé un pouce de terrain». François Fillon a de nouveau évoqué « la rupture radicale» qui inclue le quinquennat de Nicolas Sarkozy : «Si on considère que les 35 heures font du mal à la France, on ne tergiverse plus, on les abroge. Si l’on admet que les régimes de retraite sont dans l’impasse, on ne biaise pas, on porte l’âge légal de départ à 65 ans. Si l’on pense que le Code du travail est l’ennemi de l’emploi, on le réécrit.»

Sur scène depuis le matin, Sarkozy n’a pas fait de vague. En début de séance, il a déclaré à ses militants «Si vous aimez beaucoup, vous applaudissez beaucoup, si vous aimez un peu, vous applaudissez un peu, si vous n’aimez pas du tout, vous n’applaudissez pas du tout». « Il y a des choses à clarifier, notamment sur notre ligne politique».

Cette déclaration n’a pas arrêté les sifflements durant le discours d’Alain Juppé. Il avait débuté son intervention par un rappel à «l’unité» concernant celui dont « l’élection est incontestable et incontestée » ce qui a entraîné le déclenchement des ovations du public « Nicolas, Nicolas ». Il est ensuite revenu sur la législative partielle du Doubs, en insistant sur le fait qu’il voterait PS, s’il devait voter ce dimanche. « Il y a des choses à clarifier, notamment sur notre ligne politique, a-t-il déclaré. Toute stratégie de complaisance avec les extrêmes est inacceptable et suicidaire. La tentation existe chez nos électeurs (…) elle existe même parmi nous.» «Certains propos de surenchère sur le FN nous conduisent directement dans le mur», a-t-il réprimandé. Les cris continuent à fuser «Et le PS?!!»

Mais cela ne faisait que commencé, Juppé avait rappelé « qu’il viendrait avec son gilet pare-balles et son casque à boulons » entrainant la colère de l’auditoire. Il a aggravé la situation en étalant sa conviction que « partout, il faut l’union de l’UMP, de l’UDI et même du MoDem ».

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Stephanie Dumont