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Cancer du sein: les frais médicaux sont trop lourds

Une personne victime d’un cancer du sein est doublement peinée. En plus de sa maladie, elle doit aussi faire face à des frais médicaux très lourds et qui ne sont pas remboursés, surtout s’il s’agit d’une reconstruction mammaire. Les frais de soins sont de véritable fardeau financier surtout pour les pauvres selon une étude effectuée par la Ligue contre les cancers, publiée jeudi.
Ce sont surtout ces “restes à charges” qui fragilisent “les femmes les plus modestes et leurs familles” et “creusent un peu plus les inégalités face au cancer” a annoncé Jacqueline Godet, présidente de la Ligue lors de la publication de l’étude.
Parmi les objectifs de l’actuel 3e Plan cancer, la maîtrise des restes à charge surtout dans la chirurgie reconstructrice où les frais sont les plus importants.
Pour le quatrième rapport “Observatoire sociétal des cancers”, la ligue a souhaité se concentrer sur les femmes victimes d’un cancer du sein et qui doivent effectuer une “mastectomie”, qui est une opération qui visant à enlever la totalité d’un sein.
L’étude a permis que certaines femmes “témoignent des difficultés notamment financières d’un parcours où la reconstruction n’est pas forcément un passage obligé” a commenté Jacqueline Godet.
Le cancer de sein est la forme la plus répandue des cancers des femmes avant près de 48 000 cas détectés en 2012 selon les chiffres de l’Institut national du Cancer- INCA. Le cancer de sein provoque également plus de morts chez les femmes avec près de 12 000 décès selon les chiffres de l’INCA en 2012.
Près de 30 % des femmes victimes de cancer doivent subir l’enlèvement complet d’un sein, qui n’est que la première étape du traitement, suivie ensuite de la chimiothérapie, de la radiothérapie et de l’hormonothérapie. Cependant, elles “font face à des dépenses importantes, parfois récurrentes qui continuent à les pénaliser, même après leur guérison” explique la patronne de la Ligue.
Une enquête faite par l’Institut BVA entre avril et juin 2014 sur près de 992 femmes ayant subit eu une mastectomie indique que 36 % des femmes ayant eu une ablation du sein affirme que “les frais supplémentaire” suivant l’opération ne sont pas remboursés alors que le montant moyen de ces frais s’élève à 456 euros.
La même enquête a révélé que près de 25 % des femmes ne veulent pas une reconstruction mammaire, et ce, pour des raisons financières. Elles préfèrent porter des prothèses mammaires externes amovibles en silicone, mais cette solution nécessite aussi des charges importantes d’une valeur de 256 euros par an.
Les femmes qui ont choisi la chirurgie réparatrice avec une pose d’implant mammaire affirment que la facture est vraiment élevée. La moitié de ces femmes affirment que les frais sont non remboursés avec un montant moyen de 1 391 euros. Cette somme concerne surtout les dépassements d’honoraires effectués par les chirurgiens et l’anesthésiste pour l’opération et elle n’est pas prise en charge par les mutuelles.
Une femme sur deux déclare avoir des “difficultés à financer” les restes à charge avec ou sans reconstruction mammaire, et ce, du fait que la majorité des femmes atteintes du cancer du sein sont au chômage ou vivenst seule et ont du mal à rembourser les frais.
«On s’est retrouvé avec un (seul) salaire, on avait des crédits, ça a été le dossier de surendettement (…). On est dans une situation qui n’est pas évidente à vivre et en plus on se retrouve à avoir des rendez-vous avec des assistantes sociales. C’est très difficile», explique une femme citée dans l’étude.

crédits photo: cbcf

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Stephanie Dumont