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Claude Guéant en correctionnelle suite à l’affaire des primes en liquide

« Quel con j’ai été de garder des factures ! Franchement… », avait déclaré Claude Guéant pendant un échange téléphonique avec l’ex-directeur général de la police nationale, Michel Gaudin le 13 juin 2013. Ils n’étaient pas au courant que leurs téléphones étaient sur écoute téléphonique.

Leurs échanges téléphoniques avaient fait l’objet de poursuite et leurs comparutions devant le tribunal correctionnel de Paris, ce lundi 28 septembre, avec trois autres prévenus pour « détournements de fonds public, complicité. Peu avant cet échange téléphonique, les policiers de la brigade financière avaient effectué une perquisition au domicile de Claude Guéant pour l’enquête concernant un présumé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Ils étaient tombés par hasard sur une multitude de factures d’achats de nombreux équipement pour son appartement, dont 9.757 euros, chez Darty, 10 000 euros au cuisiniste Chartier, 1 860 euros aux meubles Rambault, 13 600 euros à la société Esprit Maison. Le montant total des achats était de 47 434 euros entre 2006 et 2009, réglé en espèces. Questionné sur la provenance de ces sommes en liquide, Claude Guéant avait juste répondu qu’elles étaient issues de « primes » à l’époque il était directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy qui était encore ministre de l’Intérieur.

Il a également admis que le directeur général de la police nationale Michel Gaudin lui a versé 10.000 à 12.000 euros en espèces, pour lui et quelques-uns de ses collaborateurs, dont 5000 euros lui revenait pour ses dépenses personnelles. Dans ses échanges téléphoniques avant Michel Gaudin en juin 2013, l’ex-directeur de la police lui avait conseillé: « Il faut clairement dire que c’était essentiellement pour des flics et puis que toi, t’en as gardé un petit peu ! Tu ne peux plus maintenant dire autre chose ! ». Le parquet national financier en charge de dossier avait demandé l’ouverture d’une enquête préliminaire en estimant que les fonds publics qui devaient financer « la recherche de renseignements, la rémunération des informateurs, la mise en œuvre de moyens d’investigation » avaient été détournés pour leur dépense personnelle. En même temps, l’enquête de la Cour des comptes indiquait que le cabinet d’enquête directeur général de la police nationale avait perçu près de 34 millions d’euros entre 200 et 2012, période à laquelle se sont succédé Michel Gaudin et Frédéric Péchenard, en indiquant que l’utilisation de cet argent était « totalement discrétionnaire » et qu’il n’y avait pas eu de pièce justificative jusqu’en 2011.

La rémunération des indicateurs de police a été introduite par un décret du 15 juin 1926. Les frais d’enquête et de surveillance qui ont été mal et peu contrôlés ont favorisé toutes les interprétations. Il y a encore un grand flou que son avocat l’avocat de Claude Guéant s’est empressé d’exploiter en indiquant qu’aucun élément du texte n’interdit son utilisation comme étant un complément de revenu.

Ces primes auraient été employées pour compléter l’absence des fonds spéciaux, proclamés lors du gouvernement de Lionel Jospin. « Je n’ai perçu que ce à quoi j’avais droit, ni plus ni moins que mes prédécesseurs ou mes successeurs. Et je trouverais injuste d’être le seul à payer les pots cassés », avait indiqué Claude Guéant, qui estime que cette affaire est une « instrumentalisation de la justice » conçue pour viser Nicolas Sarkozy.

crédit photo: Claude_Guéant

 

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Stephanie Dumont