La Macédoine va s’appeler officiellement “la Macédoine du Nord”

27 ans, il aura fallu 27 ans de conflits, de procédures, de palabres et de discussions pour trouver un nom officiel, accepté par tous à la Macédoine. La raison, le refus de sa voisine la Grèce de la voir s’approprier un nom qui est aussi celui d’une de ses régions. Finalement, après 27 ans de conflit, les deux pays se sont mis d’accord sur le nom de “République de Macédoine du Nord”. Si ceci peut paraître a priori un peu dérisoire, les conséquences sont plus importantes, qu’il semble à première vue.

La dislocation de la Yougoslavie, a donné naissance à de nombreux pays. Comme souvent, cela a donné lieu à de nombreux conflits très durs, comme dans les Balkans. La dislocation a aussi généré une multitude de petits arrangements à trouver entre tout le monde. Parmi ces arrangements, il y avait l’appellation officielle de la Macédoine devenue dans un premier temps l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Celle-ci étant devenue indépendante en 1991, elle veut s’appeler plus simplement la Macédoine.

Symboliquement, la Grèce ne pouvait accepter que son voisin prenne un nom aussi évocateur, qui est aussi celui de sa province, la plus au nord. Du coup, elle se voyait affubler de la splendeur et les hauts faits des deux grands rois de Macédoine antique, Philippe II et son fils Alexandre le Grand. Ces personnages sont considérés et sont rattachés classiquement à l’histoire et la renommée de la Grèce antique.

Du coup, si la Grèce ne reconnaît pas la Macédoine, un effet dominos engendre que certains pays comme la France et l’Allemagne ne reconnaissait pas non plus officiellement le pays avec cette appellation simplifiée. Résultat, impossible pour la Macédoine de rentrer dans l’UE et l’OTAN.

Ce sera donc la Macédoine du Nord, Skopje a accepté de modifier sa Constitution en conséquence, en échange de la possibilité de garder le nom de Macédoine assorti d’une référence géographique.

Derrière tout cela, la Macédoine du Nord, espérera désormais décrocher la possibilité d’entamer des négociations d’adhésion avec l’UE, et obtenir une invitation à rallier l’OTAN.

Il faudra bien cela et de nombreux avantages pour faire passer la pilule de ce changement de nom, qui passe aux yeux de certains Macédoniens, comme une “capitulation”. Cette nouvelle appellation doit être votée par le Parlement macédonien, puis soumise à un référendum à l’automne.

Crédit photo : Marie-Hélène Cingal