Opération “Castle Dove” : les jours d’après la disparition d’Elisabeth II

Certains sujets importants sont délicats à évoquer. On sait qu’il faut en parler, qu’il faut l’évoquer, car le sujet est inévitable, mais cela reste comme “tabou”. Au Royaume-Uni, c’est le cas pour la disparition d’Elisabeth II. Quoi qu’il en soit, des ministres se sont réunis pour la première fois, la semaine dernière, afin de se mettre d’accord sur le déroulement des jours suivant la disparition d’Elisabeth II.

La complexité et le côté “caché” de la chose, se résument dans le nom de code que l’on a donné à l’exercice. C’est l’opération “Castle Dove”, un nom de code plutôt énigmatique que n’aurait pas renié un méchant de James Bond.

Derrière l’opération “Castle Dove”, se trame l’ensemble des préparatifs pour gérer les événements suivant le décès de la reine d’Angleterre. Un sujet d’actualité, car n’oublions pas que la reine a maintenant 92 ans, et que sa santé est plus ou moins vacillante.

Le journal The Times, rappelle qu’outre l’organisation des célébrations médiatiques et populaires, la promulgation d’un deuil national de dix jours, le protocole et les lois prévoient évidemment une suite de passages obligatoires pour la nomination de son successeur. Ainsi, on peut lire dans le journal Londonien, “les ministres ont examiné les préparatifs prévoyant la convocation au palais de Buckingham de 600 membres du Conseil privé de Sa Majesté, qui devront entériner l’accession du nouveau roi au trôneLa dépouille de la reine sera ensuite exposée solennellement pendant cinq jours dans Westminster Hall. Très vite, le nouveau souverain devra se rendre en Écosse et au Pays de Galles pour rappeler leur appartenance indéfectible au royaume”.

Donc pour organiser les grandes lignes de cette transition, le ministre de l’Intérieur, Sajid Javid, la ministre chargée des relations avec la Chambre des Communes, Andrea Leadsom, et David Mundell, le ministre chargé de l’Écosse, ont pris part à une répétition générale dans la pièce habituellement réservée aux réunions de crise. La presse spécialisée y voit une étape supplémentaire et donc un signe, car jusqu’à présent, seuls les hauts fonctionnaires étaient chargés d’établir les contours du plan baptisé “London Bridge”.

Bien sûr, officiellement on assure que ces préparatifs sont des passages obligés prévus depuis longtemps, mais en attendant, la monarque a dû renoncer à une sortie officielle pour se préserver.

Crédit photo : Dag Benk