La faune et la flore se développent autour des aéroports

Pour la très grande majorité d’entre nous, une piste d’aéroport ce sont des vrombissements d’avions incessants et invivables, de puissants effluves de kérosène, bref le summum de la pollution. En fait, c’est aussi là que vit une faune et une flore particulièrement importante que  les membres de l’association HOP! Biodiversité, viennent de recenser.

On parle exactement de “159 espèces de plantes dont 3 d’orchidées, 78 espèces d’oiseaux, 21 espèces de papillons et 13 espèces de mammifères dont 7 de chauve-souris“, selon la vétérinaire Julia Seitre, cofondatrice de cette association.

En fait, on oublie souvent qu’autour des  infrastructures de béton et les nœuds routiers, on retrouve des espaces verts en zone réservée, dont l’accès est soumis à de sévères contrôles de sécurité. “Roissy, c‘est aussi une grande prairie non agricole de plus de 10 km²”, poursuit Julia Seitre en pointant de vastes herbages. “C’est un refuge remarquable, non labouré et non traité, quasiment exempt de pesticides et d’engrais et dont les sols grouillent de vers de terre”.

Après, c’est un enchainement classique, les herbes hautes profitent clairement aux insectes. De simples morceaux de bois posés dans la prairie, appelés “planches à invertébrés” et que l’on retourne régulièrement, permettent de compter les petits animaux qui se sont glissés dessous. On retrouve des  cloportes, punaises et vers.

En ce début d’été, les abeilles maçonnes, ou osmies, ont commencé à pondre leurs œufs dans des nichoirs dédiés. Les pollinisateurs et particulièrement les abeilles solitaires, seraient plus fréquents dans la zone aéroportuaire qu’ailleurs en France.

Avec les insectes , c’est une nourriture attirante qui amène la présence de nombreux autres animaux. Si celle d’un crapaud accoucheur est récente, il n’est pas rare de voir de nombreux oiseaux comme des foulques, des colverts, des chevaliers cul blanc ou des grèbes huppés. L’association explique, “sur l’aéroport, les oiseaux réputés en chute libre dans les campagnes sont tous présents, alouette des champs, linotte mélodieuse, perdrix grise et rouge, caille des blés, chardonneret, etc…

Toute cette faune et flore amène à s’organiser un peu. Parfois, nous travaillons à rééquilibrer les écosystèmes pour faire diminuer le risque animalier”, précise le vétérinaire Roland Seitre, directeur de HOP! Biodiversité. Cela s’effectue, selon des protocoles précis incluant effarouchements, tirs, prélèvements. Roland Seitre, plaide pour “une bonne connaissance de la biodiversité est essentielle à la sécurité de l’aéroport. Les rapaces, principalement, mais aussi les sangliers et chevreuils, peuvent présenter un danger de collision avec les avions“. Il faut aussi associer des aides précieuses et Roland Seitre ajoute, “nous estimons que les renards ne doivent pas être traqués sur les aéroports. Ils sont friands de mulots, de gros insectesen concurrence avec les rapaces, ils pourraient ainsi en diminuer le nombre“.

Crédit photo : Caribb