Affaire Benalla : la conservation d’images sur la sellette

L’affaire Benalla peut-être vue sous l’angle d’un vaste combat médiatique ou chaque camp essaie de tirer partie des différents rebondissements. C’est aussi, l’occasion de se plonger dans certaines pratiques et dysfonctionnements, dans lesquels, on pourrait remettre de l’ordre. La Commission nationale informatique et liberté (CNIL), a confirmé avoir déclenché une enquête concernant la durée de conservation des images de vidéosurveillance par la Préfecture de police (PP) de Paris, alors que le délai légal est normalement de 30 jours.

En effet, l’affaire Benalla, a mis en évidence la transmission par des fonctionnaires de la PP à Alexandre Benalla, des images de vidéosurveillance de la Place de la Contrescarpe datant des événements du 1er mai, pour lesquels trois enquêtes sont en cours. Cette transmission apparaît suspecte, d’abord parce qu’elle jette le trouble sur les relations entre Benalla et les fonctionnaires de police et surtout la CNIL se penche sur le fait qu’elles ont été conservées au-delà du délai légal de 30 jours, sans la moindre décision d’un juge en ce sens.

La loi précise en effet, que ce type de document, notamment la conservation d’images ne peut pas dépasser 30 jours. Au-delà de ce délai, soit la justice pour des besoins précis, a signifié de garder les documents, soit ils doivent être effacés. Or, dans le cas Benalla, aucune décision de justice n’a été prononcée pour garder les documents. La question demeure donc de savoir, pourquoi ils sont ressortis et surtout si la pratique est courante.

Le Canard enchaîné, toujours très à l’aise dans la mare politique, confirme que plusieurs responsables de la PP n’étaient pas au courant que la conservation de ces images, était interdite.

L’hebdomadaire en profite pour rappeler que justement la CNIL était sur le point de publier un rapport sur la durée de conservation des vidéos par la police parisienne. La CNIL va peut-être attendre un peu pour cette publication afin de ne pas mélanger les genres et remettre de l’huile sur le feu.

Crédit photo : Cyril Cavalié