Le voyeurisme high-tech sévit de plus en plus en Corée du Sud

La perversité prend des allures différentes selon les pays. Du côté de Séoul, le voyeurisme profite des derniers cris de la technologie. La mairie de la capitale Sud-coréenne lutte contre le “molka”, littéralement “caméras cachées”. Cette pratique consiste à dissimuler des appareils pour filmer les femmes à leur insu dans les toilettes, mais aussi les vestiaires, les trains, les escalators.

La pratique va même jusqu’à publier ces images sur des sites pornographiques. Le “molka” a atteint une telle ampleur, qu’il est devenu un genre à part entière sur ces mêmes sites.

Cela explique la réaction énergique de dizaines de milliers de femmes, qui ont défilé cet été, pour demander aux autorités de réprimer davantage cette pratique qui a explosé ces dernières années. Ces rassemblements organisés depuis mai, n’ont cessé de grossir pour devenir les plus importantes manifestations de femmes en Corée du Sud. Elles ont profité en cela de la mouvance #MeToo.

Il faut dire, que le nombre de signalements à la police impliquant des caméras espions, est passé de 1 100 en 2010, à 6 500 l’an dernier. Hélas, pour l’instant, si de plus en plus de voyeurs sont signalés, très peu sont punis. Seuls 1 720 sur  4 499 suspects de “molka ” identifiés par la police en 2016, (80 % des victimes seraient des femmes), ont été jugés, soit 38 %. Pire, selon l’élue Sud-Coréenne Park Kyung-mi, concernant  les procès qui ont eu lieu entre janvier et juin de cette année, seuls 10,5 % auraient débouché sur des peines de prison.

Cependant, la mairie de Séoul a annoncé un plan pour que les toilettes publiques de la ville soient inspectées quotidiennement. La ville prévoit de mobiliser 8 000 employés supplémentaires pour que les inspections deviennent quotidiennes. Certaines toilettes “sensibles” feront l’objet de vérifications plusieurs fois par jour.

Il est grand temps pour l’agence Yonhap, qui précise que les quelque 20 000 toilettes publiques de Séoul ne sont actuellement inspectées qu’une fois par mois en moyenne par seulement une cinquantaine d’employés. Ceux-ci n’auraient cependant trouvé aucune caméra au cours des deux dernières années. Il faut dire, que les voyeurs de leur côté, sont organisés. Installer, puis démonter leurs caméras ne leur prend parfois pas plus de 15 minutes, ce qui les rend difficiles à attraper.

Crédit photo : Franckylou