Un changement de ministre un peu long, pas tout à fait une première

Dans un monde de plus en plus pressé,  ou les médias sont à l’affût du moindre mouvement, 2 semaines pour remplacer un ministre, cela a paru une éternité. Il est vrai, que c’est la première fois sous la Ve République, qu’un ministère de l’Intérieur reste aussi longtemps sans ministre attitré. Cependant, prendre du temps pour nommer un successeur, n’est pas une vraie première. 

C’est la première fois, qu’un large remaniement met autant de temps à être annoncé. Par contre historiquement, on peut se rappeler que certains ministères ont attendu plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années avant qu’un ministre ou secrétaire d’Etat soit nommé.

En 2015, Najat Vallaud-Belkacem, a assuré l’intérim du ministère de l’Enseignement supérieur 104 jours, le temps que Geneviève Fioraso soit remplacée par Thierry Mandon. En 1992, le ministère de la Ville est resté dix jours sans ministre,, le temps de remplacer Bernard Tapie par François Loncle.

Il reste, que le record semble difficile à battre. Léon Schwartzenberg, nommé au ministère de la Santé le 29 juin 1988 le quitte neuf jours après. Son successeur Bruno Durieux, n’est désigné que le 2 octobre 1990, plus de deux ans plus tard.

La pratique n’est pas vraiment nouvelle, puisque d’autres ministères sont également restés de longs jours sans ministre attitré, mais sous la tutelle du Premier ministre. Michel Debré, a été ministre de l’Education 23 jours en 1959, Raymond Barre ministre de l’Economie de 1976 à 1978, Pierre Bérégovoy ministre de la Défense 20 jours en 1993, et François Fillon ministre de l’Ecologie plus de deux mois en 2011.