Pierre Guyotat reçoit, cette fois, le prix Médicis

L’écrivain Pierre Guyotat, est à l’honneur. Il a reçu un prix spécial pour l’ensemble de son œuvre de la part du jury du Femina. Il vient maintenant de recevoir le prix Médicis pour son livre “Idiotie” (Grasset). Pour cet écrivain particulièrement discret, cette récompense est plus qu’une consécration, c’est aussi un peu sa revanche.

En effet, le prix Médicis et Pierre Guyotat, se sont déjà croisés il y a 48 ans en 1970. Cependant, il n’y a pas eu “rencontre”, car cette année-là, Pierre Guyotat, a manqué d’une voix le prix Médicis pour son livre, il est vrai, particulièrement subversif pour l’époque “Éden, Éden, Éden”. Nous nous souviendrons d’ailleurs, qu’à l’occasion Claude Simon, futur prix Nobel de littérature, démissionne du jury.

L’histoire du livre Pierre Guyotat ne s’arrête pas là, et fera se souvenir à certains, que le mot censure avait, une toute autre puissance à l’époque. Le ministre de l’Intérieur décide d’une triple interdiction concernant l’affichage, la publicité et la vente aux mineurs un mois après sa parution. Dans un monde sans internet, le choc est rude, et n’empêchera pas un scandale énorme, mais loin d’être facteur de buzz.

C’est pour cela, que de manière très dégagée, mais toujours incisif, l’écrivain âgé de 78 ans vient de déclarer, “me couronner à l’époque aurait été un acte politique intéressant“.

De son côté, Frédéric Mitterrand membre actuel du jury du Médicis, a tenu à préciser, “nous ne sommes pas là pour réparer les dégâts du passé, nous sommes en train de consacrer un grand écrivain pour son œuvre actuelle“.

Ce retour d’actualité sur la personne de Pierre Guyotat, peut en effet être l’occasion de découvrir ou de redécouvrir, un auteur pas toujours facile d’accès. Ce récit autobiographique “Idiotie”, est l’un des livres les plus accessibles de l’auteur, et un bon moyen d’entrer dans un monde dur, fait majoritairement de sexe et de guerre à travers des formes nouvelles d’expression.

Crédit photo : PEN América