L’Espagne va augmenter le salaire minimum de 22 %

Parmi les nombreuses revendications, qui parcourent la contestation en France, la revalorisation du SMIC à la hausse, est celle qui soulève le plus de polémiques et de discussions. Voilà, donc une information qui devrait faire pâlir de jalousie, les partisans de la hausse du SMIC en France. Le gouvernement espagnol, va adopter par décret une augmentation de 22 % du salaire minimum.

A partir donc de janvier, le salaire minimum espagnol passera ainsi de 858 euros à 1 050 euros bruts. Cela revient à 900 euros nets. La décision sera entérinée lors d’un Conseil des ministres extraordinaire le 21 décembre à Barcelone.

Pour l’occasion, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, a déclaré devant les parlementaires, “il s’agit de la hausse la plus importante depuis 1977, et elle démontre la volonté du gouvernement de renforcer la prospérité de tous les territoires”.

Tout le monde, peut voir derrière cette décision, l’influence du Parti anti-austérité Podemos. Celui-ci, négocie de près son soutien au chef du gouvernement dans le cadre de l’adoption du projet de budget 2019 au Parlement. Cette décision, évidemment ne fait, par contre pas le bonheur de la droite, qui met en évidence une mesure, qui va coûter la bagatelle de 340 millions d’euros à l’État.

Le parallèle actuel entre la position française et espagnole au sujet de l’augmentation du salaire de base, souligne la grande disparité qui règne au sein de l’Union européenne sur la question du salaire minimum.

Comme on peut s’y attendre, les augmentations sont les plus importantes dans les pays où ce dernier est le plus bas. Ce n’est pas un hasard, si en Pologne le gouvernement a annoncé, début septembre, une revalorisation de 7,1 %. De nombreux autres pays peuvent se permettre d’augmenter le revenu minimum tout en restant dans le bas de l’échelle et demeurer ainsi très compétitif en matière de coût du travail. A titre indicatif, le salaire minimum sera également augmenté en Allemagne, où il passera le seuil horaire des 9 euros. De son côté, la France a prévu une augmentation de 1,8 %, qui va faire passer ce dernier à 10,06 euros de l’heure, sans tenir compte des gains annoncés par le gouvernement via la prime d’activité.

Derrière tout cela, il y a une véritable lutte économique à travers la concurrence salariale proche du dumping, qui se joue entre les États sur ce territoire. De quoi remettre sur la sellette, l’éventuelle nécessité d’instaurer un salaire minimum à l’échelle européenne.

Crédit photo : jose alejandro cuffia