Les voitures européennes sont une menace pour la sécurité nationale selon Donald Trump

Le marché de l’automobile est très important pour de nombreux pays industriels et en premier lieu les Etats-Unis. Défendre ce secteur est une priorité pour le président et à ses yeux, le meilleur moyen est d’appliquer des taxes d’importation de 25 % aux automobiles européennes, pour limiter la concurrence. Evidemment, cela n’est pas sans conséquence et Bruxelles a déjà fait savoir qu’une réponse “rapide et adaptée” serait mise en place.

Cette menace de la part de Donald Trump n’est pas nouvelle, car depuis le printemps 2018, il menace de surtaxer de 25 % les importations automobiles, notamment européennes. Cependant, il vient de se donner 90 jours pour décider et la remise par le ministère américain du Commerce d’un rapport sur l’industrie automobile pourrait bien constituer l’occasion.

Ce rapport, remis à Donald Trump aurait conclu, que les importations de voitures affaiblissent à un tel point l’industrie automobile américaine, qu’il évoque un risque pour la sécurité nationale. Cette nouvelle polémique vient compléter un tableau sombre des relations entre l’Europe et les Etats-Unis.

Ce sont, les Allemands qui seraient les plus touchés et notamment les groupes Daimler (Mercedes-Benz), Volkswagen et BMW. Selon les premières estimations, les exportations allemandes de voitures vers les Etats-Unis, pourraient chuter de près de 50 % à long terme en cas de taxes de 25 %. C’est une mauvaise nouvelle pour les firmes allemandes déjà touchées par les normes antipollution en Europe, et par des taxes chinoises sur ses véhicules en provenance des Etats-Unis.

La concurrence deviendrait d’autant plus rude, que les voitures importées du Canada et du Mexique devraient être exemptées de surtaxes. Ils viennent de conclure un nouvel accord de libre-échange avec les Etats-Unis.

Ce ne sont pas, que les Européens qui s’inquiètent des dernières mesures que Trump pourrait prendre, mais aussi certains acteurs du secteur automobile américain. La National Automobile Dealers Association, prédit que 366 900 emplois pourraient être perdus aux Etats-Unis, car les taxes risquent de faire augmenter le coût des voitures de 2 750 $ en moyenne, ce qui entraînerait une baisse des ventes de 1,3 million d’unités par an.

De l’autre côté de l’Atlantique, la Commission européenne a promis de réagir. Cependant, la CE espère pour le moment une issue “positive” des négociations commerciales entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Il reste, que le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a tout de même précisé “si ce rapport se traduisait par des mesures préjudiciables aux exportations européennes, la Commission européenne réagirait de manière rapide et adéquate”.

En attendant, la chancelière allemande Angela Merkel, a fait remarquer à juste titre, qu’il apparaissait “effrayant” le fait que les Etats-Unis s’apprêtent à déclarer les automobiles européennes importées, comme une menace pour la sécurité nationale. Elle fait remarquer, que c’est en Caroline du Sud, que se “trouve la plus grande usine BMW au monde”.

Crédit photo : bip america