Des T-shirts vendus pour une bonne cause au centre d’une polémique

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Comme on dit, cela fait un peu désordre, il semblerait que des T-shirts de charité arborant un puissant “Girl Power” aient été fabriqués dans une usine bangladaise où le personnel est exploité. En effet, de nombreuses travailleuses déclarent avoir été licenciées après avoir protesté contre les bas salaires dans une usine qui fabrique des t-shirts étiquetés “le pouvoir des filles”. Un vrai paradoxe, qui ne manque pas d’interpeller la société F =, qui vend ses articles et se veut une source d’inspiration pour les filles.

Le but final de cette opération, consiste à vendre des vêtements et de destiner une partie du prix de chaque t-shirt à Worldreader, une organisation caritative, qui fournit des livres numériques aux enfants pauvres d’Afrique. Ces révélations, ont remis sur le devant de la scène, les photos de la présentatrice de télévision Holly Willoughby avec ce t-shirt, idem pour la Spice-Girl Emma Bunton.

Pourtant, le site internet de F = affirme se tourner pour la fabrication de ses vêtements, vers une usine certifiée Fair Wear Foundation. Cela signifie qu’elle est soumise à des conditions de travail satisfaisantes et à un salaire équitable.

Si l’intention est bonne, apparemment, elle manque d’un peu de sérieux dans sa réalisation. Le journal The Guardian, a pu enquêter et mit en évidence, que les vêtements étaient confectionnés par la société bangladaise Dird Composite Textiles, via un intermédiaire.

En effet, on retrouve au milieu de cette chaîne de fabrication Stanley/Stella, la même marque belge qui a créé les t-shirts Spice-Girl. Celle-ci fait appel à l’usine de Dird Composite au Bangladesh.

A partir de là, les choses se gâtent, car cette société semble par contre très éloignée de la cause défendue par les T-shirts. Les salaires sont particulièrement bas et les demandes d’augmentations sont traitées de manière très simple et très expéditive. Les machinistes de l’usine disent qu’ils ont été licenciés en masse après une grève en janvier. Selon les dirigeants syndicaux, plus de 7 500 employés de 27 usines au Bangladesh, ont perdu leur emploi au cours des dernières semaines.

Une des employées aurait même “été battue sur ordre de sa direction et menacée de meurtre”, précise le quotidien britannique. Depuis ces révélations, les tee-shirts ne sont plus en vente. De son côté Worldreader, s’est engagé à ne plus accepter des dons jusqu’à ce que la situation soit résolue.

Cela ne semble par contre, pas vraiment inquiéter l’usine, qui se contente de rappeler que les travailleurs ont démissionné de leur propre chef. Cependant, l’usine a aussi viré le responsable des ressources humaines.

Danielle Newnham, la fondatrice de F = avec sa sœur, a déclaré “nous avons interrogé Stanley/Stella à propos des démissions annoncées. Ils ont expliqué, que cela ne s’était produit que récemment et que la Fair Wear Foundation et le responsable national de Stanley/Stella à Dhaka enquêtait à ce sujet“.

Crédit photo : spice girls