Un festival de cinéma, est-il un bon investissement pour la ville et la région ?

Ça y est le festival de Cannes a débuté, c’est un événement artistique, mais aussi médiatique et particulièrement glamour. Les retombées pour la ville en matière de reconnaissance sont évidentes, par contre en terme économique, elles sont plus difficiles à quantifier. C’est pour cela, que le gouvernement français, qui est souvent partie prenante de ces festivals, préconise de réaliser des études précises pour en savoir plus.

Plus généralement, l’impact économique d’un festival, même de plus petite envergure n’est pas facile à cerner. Cependant, pour les endroits où sont organisés les festivals, il s’agit de faire en sorte que cet élément fort du développement culturel, le soit aussi sur le plan économique. Très directement, on se doute bien que la présence pour plusieurs jours de professionnels, de journalistes, de spectateurs et de toutes les personnes gravitant autour d’un festival de cinéma génère des dépenses pour la ville ou le territoire accueillant le festival. Par exemple, si on se réfère à Cannes, les estimations donnent pour la dernière édition du festival, un chiffre de 200 millions de retombées économiques.

Il s’agit de faire la même chose pour l’ensemble des manifestations de ce type. C’est d’autant plus indispensable, que les budgets des festivals reposent partiellement sur des subventions publiques. Pour réaliser ces études d’impact, on se base sur un principe assez simple. Tout d’abord, on détermine un flux primaire issu de la comparaison entre les flux économiques entrants et les flux sortants. Ensuite, un flux secondaire est déterminé en partant du principe que chaque euro dépensé pendant le festival serait susceptible de générer d’autres dépenses dans un second temps, et ce pendant toute la durée du festival.

A partir de là, il convient de voir si le jeu en vaut la chandelle, en vérifiant que chaque euro dépensé dans l’organisation d’un festival, ne l’est pas à fonds perdu. Il s’agit de cesser de donner une image de la culture, uniquement dévoreuse d’argent et imaginer la possibilité d’investissements, sans en dénaturer l’objectif.

A titre d’exemple, on peut prendre le festival de Clermont-Ferrand, qui est le plus grand festival au monde en matière de court-métrage et le second festival de cinéma en France. Une étude a révélé qu’un euro de subvention publique permet de contribuer à générer 22 euros de retombées économiques. A cela, il faut rajouter, d’autres effets bénéfiques moins tangibles (attractivité territoriale, image, etc…).

Ceci est un exemple de raisonnement, qui peut casser les affrontements binaires, du style trop de subventions, trop d’impositions. Il ne s’agit plus de raisonner en plus ou en moins, mais en mieux et en plus efficace.

Crédit photo : Lo Ra