Disparition de l’Amazonie : les limites de la gestion étatique d’un problème mondial

Des incendies à répétition ravagent la forêt amazonienne depuis janvier 2019. Cette situation anime des conversations très houleuses, dans les plus hautes sphères du pouvoir mondial. Elle alimente les polémiques et la diffusion de très nombreuses informations plus ou moins fausses. A tout cela, il faut en tout premier lieu, bien définir de quoi il est question et les conséquences claires d’une éventuelle disparition de l’Amazonie telle qu’on la connaît actuellement.

Si on prend comme exemple le simple mois d’août 2019, c’est 900 km² de forêt tropicale qui ont disparu. Or, l’Amazonie avec ses 390 milliards d’arbres, constitue un élément fondamental de la vie sur terre.

Un écosystème qui se régénére lui-même

Tout d’abord, il faut considérer que la forêt amazonienne est associée à un climat tropical humide. Ce climat n’est pas le fruit du hasard, car 50 % des précipitations sont dues à des particules d’eau évaporées de la forêt elle-même. C’est donc la forêt qui produit son propre environnement. Celui-ci s’effondrera bien sûr en cas de trop fortes modifications.

Les conséquences sur les régions proches, se feraient immédiatement sentir sur l’irrigation générale des pays. On assisterait alors, à une baisse importante du niveau des fleuves amazoniens. Un assèchement du sol, qui amènerait l’Amazonie à se transformer en une sorte de savane. Il est évident et facile à comprendre les répercutions et la fin inexorable de centaines, voire de milliers d’espèces animales qui participent à l’équilibre global de la planète.

La forêt est un puits de carbone 

A cela, il faut rajouter la fonction de puits de carbone que l’Amazonie constitue. Actuellement, la forêt amazonienne stockerait entre 80 et 120 milliards de tonnes de carbone, contribuant à la stabilisation du climat. Les incendies actuels, commencent à nous donner un aperçu visible par tous, des colossales émissions de CO2 que pourrait générer la perte totale de la forêt.

En fait, c’est la notion de “mondialisation” qui serait peut-être à voir sous un autre jour. Elle ne doit pas simplement se réduire à définir les pratiques douteuses et néfastes de grandes entreprises. La mondialisation, c’est aussi la volonté de gérer des problèmes qui ne peuvent plus être du simple ressort d’un pays ou d’un gouvernement, car les conséquences rejaillissent sur la planète entière. A la manière de la gestion de la menace nucléaire, qui constitue d’âpres négociations et même des interventions, l’urgence écologiste a fait place à la menace écologique. Elle est l’affaire de la bonne entente de tous et d’une gestion collective.

Crédit photo : tsaiga