Asie du Sud-est : expérimentation d’une bactérie pour éradiquer la dengue

moustique

C’est hélas souvent pour faire face à l’adversité, que les choses progressent. Les scientifiques, dans le cadre d’un programme mondial de lutte contre les moustiques, mettent au point une technique pour enrayer la propagation exponentielle de la dengue en Asie du Sud-est. Elle consiste à injecter à des moustiques en laboratoire, une bactérie appelée la wolbachia, qui réduit considérablement une possible transmission à l’homme de la maladie.

La situation s’est considérablement aggravée dans de nombreux pays. On dénombre des centaines de morts aux Philippines, les hôpitaux du Viêtnam, en Malaisie, en Birmanie et au Cambodge, sont remplis de patients atteints de la dengue, mais aussi d’autres virus comme le zika, le chikungunya ou la fièvre jaune. Les chiffres évoquent 670 000 personnes infectées et plus de 1 800 décès dans la région, selon des chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des autorités sanitaires de ces pays.

Rappelons au passage les symptômes de la dengue, douleurs articulaires, forte fièvre, vomissements. Elle touche plus sévèrement les enfants en particulier, et plus mystérieusement les jeunes filles.

Guérir, c’est une chose, mais il faut avant tout prévenir. C’est pour cela, que les scientifiques s’attaquent à la propagation du virus avec une expérimentation testée dans neuf pays. La technique consiste à lâcher de nombreuses quantités de moustiques porteurs de la wolbachia. Une fois les insectes lâchés dans la nature, ils se reproduisent avec l’espèce vectrice de ces maladies. Les bébés, porteurs de la bactérie, n’ont qu’une infime chance de transmettre le virus. C’est une alternative inespérée, car les insecticides pulvérisés à grande échelle dans certaines zones d’Asie du Sud-est, ne sont efficaces qu’à court terme et les moustiques développent une résistance à ces produits.

Au Viêtnam, les premiers résultats sur la dengue, qui est devenue le principal virus transmis par les moustiques dans le monde, sont prometteurs. Cependant, il ne faut pas chanter victoire trop vite, car en l’absence d’études à grande échelle, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le réel succès des expériences ayant recours à cette bactérie.